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Barbizon, l'école des beaux arbres

Prélude de l'Impressionnisme qui arrivait, la peinture des artistes de Barbizon a fait disparaitre la tradition du paysage historique jusque-là réalisé en atelier. Plus étonnant encore, ces peintres se sont inventés influents écologistes avant-gardistes.

1200 habitants, 35 000 touristes

A une soixantaine de kilomètres au sud-est de Paris, à la lisière des arbres de la forêt de Fontainebleau, se dresse fièrement Barbizon. En plein cœur de la Seine-et-Marne, ce petit village de 1200 âmes pourrait être paisible et anonyme comme ses voisins Saint-Martin-en-Bière, Chailly-en-Bière ou Cély. Mais Barbizon n'est pas fait de ce bois-là. Chaque année, ce sont pas moins de 35 000 touristes qui se pressent dans ses rues. On parle japonais par-ci, anglais par-là et les passeports posés sur les tables de nuit des chambres sont allemands, hollandais, russes, américains, chinois ou même brésiliens. Autrefois habité par des cultivateurs, des charbonniers et des bucherons, Barbizon a acquis sa notoriété internationale en devenant, au XIXème siècle, le berceau d'un Art nouveau : le paysage.

barbizon-village

En 1830, alors que les villes s'agrandissent, se drapent de pollution, les routes commencent à strier les forêts et les usines à assécher les rivières, la bourgeoisie entre dans une ère de toute puissance. L'apparition du mouvement du paysage dans la peinture française à cette époque constitue un phénomène d'une puissance encore insoupçonnée. Dans la tradition académique, l'étude et l'analyse de la nature n'est qu'une simple étape considérée comme inférieure à l'expérience intellectuelle et le paysage est un genre mineur. Les instigateurs de cet Art novateur fuient ces nouveaux monstres urbains de béton et de vapeur pour chercher à s'épanouir calmement dans la nature. Rejetant progressivement l'académisme bourgeois et les critères artistiques fixés autour de la tradition néoclassique, ces artistes trouvent des sources d'inspiration infinies dans la peinture paysagiste hollandaise du XVIIème siècle et du paysage anglais contemporain.

Aux prémices de l'Impressionnisme

Alors que ses membres fondateurs s'étaient déjà tous éteints, le terme d'école de Barbizon est apparu a posteriori dans les années 1890 dans l'ouvrage du critique d'art écossais David Croal Thompson intitulé The Barbizon School of Painters. En réalité, il n'y a jamais eu d'école à Barbizon, mais bel et bien un groupe de peintres aux styles divers et aux techniques différentes qui se sont côtoyés entre 1830 et 1875 aux abords de la forêt de Fontainebleau. Sans doctrine, sans théorie, rejetant en bloc l'académisme d'une peinture considérée comme figée, les peintres de Barbizon ont bénéficié de l'évolution des techniques pour s'exprimer en plein air. L'invention des tubes en étain, commercialisés en France dès 1840, offre aux peintres la possibilité d'une approche de la nature plus libre et des déplacements hors de leurs ateliers toujours plus longs.

(Hameau Cousin, Jean-François Millet, 1854)

(Forêt de Fontainebleau, Narcisse Diaz de la Pena, 1867)

Les peintres les plus célèbres du courant se nomment Théodore Rousseau, Jean-François Millet, Jean-Baptiste Camille Corot ou encore Charles-François Daubigny. Installés dans l'Auberge Ganne, reconvertie en 1995 en musée de l'Ecole de Barbizon, la plupart d'entre eux sont des exclus ou des rejetés du Salon. Appliqués à reproduire les splendeurs et les reflets de la nature, indissociablement liés aux efforts éternels de l'homme contre cette terre. Les hommes de Barbizon ont peint la beauté accidentelle et imprévisible de la forêt et ses arbres torturés par le temps, ou la beauté singulière des souffrances du travailleur de la terre. Trop bucoliques, trop d'arbres, trop de soleils couchants, ils ont renvoyé la peinture au néolithique de la modernité. Mais en abandonnant l'idéalisation au profit de la sensation, Rousseau et ses compagnons ont certainement influencé en profondeur le futur groupe des impressionnistes. En opposant une résistance à la mise en lambeaux des forêts françaises, les peintres de Barbizon se sont placés comme écologistes influents avant l'heure.

A la défense du musée vert

Trop de ciel et surtout trop d'importance donnée aux arbres. En 1836, le jeune Théodore Rousseau voit son dernier tableau refusé par le jury du Salon. Amoureux de ces branches surtout si elles sont sinueuses, de ces troncs surtout s'ils sont torturés et de ces feuillages, le jeune peintre quitte Paris et rompt avec l'académisme en s'installant face à la forêt de Fontainebleau. Au même moment, Achille Marrier de Bois d'Hyver, inspecteur de l'Administration générale des forêts de son état, a enfilé le bleu de chauffe. Il a pour mission de rénover les forêts françaises selon les normes imposées par la jeune Ecole nationale des eaux et forêts de Nancy. Détruire les vieilles futaies, abattre les arbres trop vieux et combler les landes en y plantant des résineux. La révolution industrielle fume à plein régime et le bois d'œuvre ne doit pas manquer. Fontainebleau, ses 25 000 hectares et surtout ses vieux chênes tortueux, n'a rien de la forêt idéale pour Bois d'Hyver et il doit s'y attaquer. Mais pour Théodore Rousseau et ses compagnons, ces chênes séculaires et ces rochers mousseux sont l'équivalent des "modèles qui nous ont été laissés par Michel-Ange, Raphaël, Rembrand". Au nom de ce musée vert, les peintres de Barbizon vont entrer en résistance pour sauver ces derniers oasis de futaie naturelle.

(Paysage de forêt, Théodore Rousseau, 1850)

En 1853, ils obtiennent la mise hors d'exploitation de près de 624 hectares. Devenu lobbyiste influent, Théodore Rousseau profite de son succès et de la reconnaissance de son art, les intérieurs de forêt s'exposent par dizaines au Salon, pour recevoir le soutien de personnalités importantes, Théophile Gautier en tête. Fort de ses nouvelles relations, il apprend avec bonheur que près de 1000 hectares de Fontainebleau sont "soustraits à tout aménagement" en créant des "sites à destination artistique" par le décret du 13 août 1861. Sauvées, les vieilles futaies de la Tillaie, du Gros-Fouteau, du Chêne-Brûlé ou des Ventes-à-la-Reine ! La mort de Théodore Rousseau en 1867 voit Michelet, George Sand ou même Victor Hugo faire tour à tour campagne contre ces destructions annoncées. Hugo argumentera même "Un arbre est un édifice, une forêt est une cité, et entre toutes les forêts, la forêt de Fontainebleau est un monument. Ce que les siècles ont construit, les hommes ne doivent pas le détruire." Mais comme bien souvent, l'intérêt artistique ou scientifique ne suffira pas à ne pas faire déclasser ces zones ou à détourner l'autoroute A6, ni la nationale N7. Si l'avenir de la forêt de Fontainebleau restera à jamais incertain, son passé est lui éternellement marqué par ces peintres qui révolutionnèrent leur Art mais aussi et surtout leur société.

Frédéric Thiéry, le coup de foudre pour Barbizon

Le pied mis à l'étrier par un père artiste-peintre, Frédéric Thiéry s'intéresse depuis son plus jeune âge au dessin et à la peinture. Après de nombreuses expériences en Espagne ou dans le sud de la France, Frédéric Thiéry fait une rencontre décisive avec un collectionneur de peintures au début des années 2000. Ce dernier lui fait découvrir l'école de Barbizon et les maîtres des écoles provençales. Coup de foudre pour Frédéric, qui décide d'y apporter sa touche de modernité. Avec une once d'abstraction, ses couleurs vives dynamisent ses représentations de rues, de ports ou de plages.

Frédéric Thiéry pratique une peinture joyeuse et colorée. Ses œuvres dépoussièrent les sujets traditionnels du passé. A l’image de sa philosophie de vie, Frédéric souhaite transmettre douceur, gaieté et harmonie grâce à sa peinture. L’humour est une composante importante de son travail qu’il exprime à travers les titres de ses œuvres.

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