Tic.. Tac.. Noël approche !   Jusqu’au 22 décembre, nous vous offrons jusqu’à 100 € en chèque cadeau. J'EN PROFITE !

Camille Claudel, l'histoire de ses tourments

Sculptrice de génie, attachée pour toujours à Auguste Rodin dont elle fut la muse et la maitresse malheureuse, Camille Claudel est une artiste qui n'a jamais connu la reconnaissance qu'elle mérite.

Destin infernal et tourmenté

"Tout ce qui m’est arrivé est plus qu’un roman c’est une épopée, l’Iliade et l’Odyssée et il faudrait un Homère pour la raconter. Je ne l’entreprendrai pas aujourd’hui et je ne veux pas vous attrister. Je suis dans un gouffre. Je vis dans un monde si curieux, si étrange. Du rêve que fut ma vie, ceci est le cauchemar." Camille Claudel aura traversé les trente dernières années de sa vie en exil, miséreuse et affaiblie, sombrant lentement dans un délire infernal, internée loin de tout et de tout le monde, aux temps des férocités de la psychiatrie. Si ses mains n'ont pu produire durant ces décennies d'enfermement et jusqu'à sa mort en 1943, la sculpture fut pour elle la bouffée d'oxygène, l'aspiration et l'ivresse de toute sa vie. Son destin tourmenté masque bien trop souvent la valeur artistique de son œuvre et son génie n'est bien que trop rarement reconnu. Chassée dans l'ombre imposante d'Auguste Rodin, qui fut à la fois son maitre et son amant et à qui elle aura quasiment dédiée tous les desseins de sa vie, Camille Claudel est pourtant l'une des artistes les plus influentes de son époque.

Muse et maitresse

Fille aînée d'une petite famille bourgeoise de trois enfants, Camille Claudel voit le jour dans un village de l'Aisne près de Soissons en décembre 1864. Très tôt, elle est attirée par la sculpture, l'usage de la matière et le pétrissage de la glaise. Par chance, son père l'encourage dans cette voie et la présente à l'aube de son adolescence au sculpteur Alfred Boucher (1850-1934) qui, étonné par son talent prometteur, lui conseille de rallier la capitale où tous les artistes affluent alors. C'est à l'âge de 17 ans qu'elle posera finalement ses valises à Paris en compagnie de toute la famille Claudel. Elle poursuit donc son apprentissage de la sculpture dans l'atelier d'Alfred Boucher jusqu'en 1883, date à laquelle il s'envole pour l'Italie pour honorer son Prix du Salon. Il oriente alors Camille Claudel vers l'atelier d'un ami qu'il a connu quelques années plus tôt lors de l'affaire de l'Âge d'airain, un certain Auguste Rodin.

Entre l'élève Claudel et le maitre Rodin, le courant passe instantanément. Professionnellement, les influences sont réciproques et la proximité stylistique des deux artistes est telle qu'il est aisé de confondre la griffe de Claudel avec celle de Rodin. Malgré leurs vingt-quatre ans d'écart, ils succombent l'un à l'autre menant pendant près de 15 ans une relation agitée. Muse et maitresse de Rodin, Camille Claudel vit cependant très mal que ce dernier refuse de s'envoler avec elle préférant rester avec Rose Beuret qu'il fréquente depuis 1864, l'année de naissance de Claudel... En dépit de leur relation intense, en 1893, les deux artistes mettent fin à leur liaison destructrice et accidentée, Camille ne s'en remettra jamais véritablement. Professionnellement, elle chute et s'enfonce petit à petit dans l'anonymat, malgré l'aide discrète de Rodin qui tente de lui faire obtenir des commandes. La suite est connue, Camille Claudel s'enferme petit à petit dans son atelier, se nourrissant peu et ne se lavant plus. A la suite du décès de son père en 1913, sa famille décide de la faire interner à l'asile de Ville-Evrard (Seine-Saint-Denis) dans lequel elle finira ses jours. De cette période  difficile de l'après Rodin subsistent cependant ses plus belles réalisations en termes de sculptures.

L'Âge mûr, chef d'œuvre de Claudel

L'abandon, le Buste de Rodin, les Causeuses, Pensée... nombreuses sont les sculptures qui caractérisent le travail de Claudel. L’Âge mûr (aussi appelée La Destinée, le Chemin de la vie ou La Fatalité) correspond à un moment charnière de la carrière de Camille Claudel : elle est alors dans la parfaite maîtrise de ses moyens artistiques, et connaît un balbutiement de reconnaissance officielle, qui toutefois n’aura jamais l'étendue que l'artiste est en droit d’espérer. La sculpture représente un groupe de trois personnes, deux femmes et un homme. Le groupe évoque clairement l'hésitation d'Auguste Rodin entre son ancienne maîtresse Rose Beuret, qui devait l'emporter, et Camille qui le retient par le bras. Au-delà d'une œuvre qui rappelle son histoire personnelle, Camille y donne une dimension symbolique qui entraîne une méditation sur les rapports humains. Elle s'y incarne sous les traits d'un personnage qu'elle nomme l'Implorante, marquant ainsi le tragique attaché à sa destinée. L'homme à la fin de sa maturité est irrémédiablement entraîné par l'âge tandis qu'il tend une main vaine vers la jeunesse. Les figures nues sont entourées de draperies volantes qui accentuent la rapidité de la marche. Paul Claudel en traitait ainsi : "Ma sœur Camille, Implorante, humiliée à genoux, cette superbe, cette orgueilleuse, et savez-vous ce qui s'arrache à elle, en ce moment même, sous vos yeux, c'est son âme". Avec l’Âge mûr, Camille Claudel prend son envol et son autonomie en tant qu’artiste. Elle développe ses propres explorations plastiques, s'éloignant des préceptes de Rodin, avant de chuter peu à peu dans la folie...

Camille Claudel est une artiste qui a souffert de n’être jamais considérée comme telle à part entière. De son vivant, elle ne vend que très peu et Rodin la soutient financièrement. A une époque où les femmes peinent à trouver une place dans le monde de la sculpture et des Arts en général, la critique et les mécènes ne s’intéressent pas à elle. On l’accuse souvent de copier vulgairement Auguste Rodin, sans s’intéresser à sa démarche personnelle. Aujourd’hui, Camille Claudel bénéficie d’une certaine reconnaissance sans avoir toutefois un musée éponyme (un musée Camille Claudel est en projet à Nogent) ; ses œuvres sont dispersées dans de nombreux établissements, en France et dans le monde et, comme un pied de nez, au sein également du Musée Rodin, à Paris. Comme si leurs destins étaient liés à jamais...

Martine Chaperon, l'Art au corps

Native de Grenoble au cœur des Alpes, Martine Chaperon est née avec un pinceau dans la main. Une vocation qu'elle affirme en entamant une formation aux Beaux-arts de la capitale iséroise avant de se lancer véritablement dans la peinture. Elle intitule sa première toile "Naissance" et début ainsi la vie d'artiste. Passionnée par les courbes féminines et la musculature masculine, elle admire le travail de Michel-Ange autant que celui du couple Auguste Rodin-Camille Claudel. Martine Chaperon aime en effet représenter une émotion jusqu’à l’épuisement, dans différents formats, usant de différents matériaux et de techniques variées. Elle travaille les matières et les transparences par couches successives à l’aide d’acrylique et de liants vinyliques et utilise au gré de ses humeurs, pastels secs ou gras, aquarelle et mine de plomb, lesquels se prêtent particulièrement à ses travaux de nus. Elle ne cherche pas à représenter le corps pour sa perfection. Elle expose ses plaies et ses cicatrices comme autant de témoignages de vie venant parfaire sa beauté.

Voir la galerie de l'artiste

fren