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Dalí et l’au-delà

13 septembre 2017

Dalí le dit lui-même "sa vie entière n’aura été déterminée que par deux entités antagoniques : le sommet et le fond". Artiste de génie, superstar mégalomane et controversé, tête d’affiche du cercle des surréalistes Dalí fréquenta les plus grandes personnalités du XXe siècle. Du général Franco à Pablo Picasso en passant par le Pape Pie XII, celui dont on disait qu’il était plus riche que le président des Etats-Unis revient d’entre les morts pour faire un dernier coup d’éclat.

La mort est le commencement de l’immortalité

Tout commence pour Salvador Dalí avec la mort de son frère aîné. Alors qu’il n’a que 5 ans ses parents l’emmènent sur la tombe de son frère, également prénommé Salvador, et lui confient qu’il en est la réincarnation. Dès cet instant, Salvador Dalí n’aura de cesse de vouloir revendiquer au monde entier son unicité. Hanté par le fantôme de son frère: "Je naquis double. Mon frère, premier essai de moi-même, génie extrême et donc non viable, avait tout de même vécu sept ans avant que les circuits accélérés de son cerveau ne prennent feu" Dalí trouve refuge dans l’excentricité et la provocation. Au contact du peintre Ramón Pichot, Dalí découvre l’impressionnisme et participe à plusieurs expositions dès ses 14 ans. 2 ans plus tard Dalí perd sa mère malade d’un cancer du col de l’utérus. Cet épisode est un véritable coup dur pour l’artiste qui était très proche de sa mère : "Je l'adorais. Je ne pouvais pas me résigner à la perte d'un être avec qui je comptais faire invisibles les inévitables tâches de mon âme". Malgré le deuil, Dalí intègre l’année suivante l’Académie Royale des Beaux-arts de San Fernando. L’artiste y cultive un look de dandy et ne laisse pas ses camarades indifférents. Véritable bête de foire ambulante, Dalí fait en sorte d’attirer toute l’attention. A l’école il se lie d’amitié avec le poète Federico Garcia Lorca et le réalisateur Luis Buñuel. Ensemble ils se penchent sur les études de Sigmund Freud et Dalí s’intéresse de plus en plus au dadaïsme. A l’approche des examens finaux, Dalí, incorrigible mégalomane, affirme que personne n’est en mesure de l’examiner et est expulsé de l’Académie.

Loin de s’avouer vaincu, Dalí se lance à la conquête de Paris, avec dans sa poche deux lettres de recommandations adressées aux poètes et romanciers : Max Jacob et André Breton. Au cours de son voyage à Paris, Dalí rencontre aussi Picasso qui avait déjà entendu vanter les mérites de ce jeune prodige par un certain Joan Miró. Le génie picassien ne cessera d’inspirer Dalí et les deux artistes resteront en contact toute leur vie. Toujours plus fantaisiste Dalí poursuit sa route mouvementée et revendique son attitude d’artiste superstar. Il arbore ainsi de fines moustaches méticuleusement entretenues, figées à 10h10 qui demeurent encore aujourd’hui indissociables du personnage. A partir de 1929 Dalí rejoint le cercle des surréalistes et rencontre une multitude d’artistes : André Breton, Max Ernst, René Magritte, Man Ray, Tristan Tzara , Paul Éluard et son épouse Helena, surnommée par tous Gala.

En 1936, Dalí fuit la guerre civile d’Espagne et voyage en Europe avant de partir pour le continent américain. La presse américaine accueille à bras ouverts ce génie artistique que les journaux surnomment déjà « Mr. Surrealism ». En 1938, c’est la consécration pour Dalí qui rencontre le psychanalyste Sigmund Freud. A la suite de cette rencontre, Sigmund Freud déclare : "Je n'ai jamais vu un spécimen d'Espagnol plus parfait ; quel fanatique !". Fabuleux fanatique fantaisiste, Dalí est de retour à Paris en 1955 à l’occasion d’une conférence qu’il donne à la Sorbonne sur sa méthode « paranoïaque-critique ». Il débarque dans une Rolls-Royce jaune et noire chargée de choux-fleurs qu’il distribue aux badauds en guise d’autographes. Egal à lui-même Dalí reste jusqu’à sa mort un esprit rebelle, talentueux, original et unique et une référence dans l’histoire du surréalisme et de l’art. Le peintre décède en janvier 1989 à l’âge de 84 ans dans sa ville natale de Figueras et est inhumé dans la crypte du théâtre-musée Dalí.

L’exhumation de Dalí

« Je veux juste connaître la vérité, et c'est tout ». Voici ce que déclare Pilar Abel à la presse espagnole en Juillet dernier. Cette cartomancienne de 61 ans, native de la ville de Figueras, l’endroit même où est né et mort le peintre surréaliste Salvador Dalí, souhaite connaître la vérité sur l’identité de son père. Pilar Abel se souvient d’un secret que lui avait confié sa grand-mère alors qu’elle n’était âgée que de 8 ans. Selon sa grand-mère le véritable père de Pilar n’était pas celui qu’elle croyait : « Je sais que tu n'es pas la fille de mon fils, je sais que ton père est un grand peintre." "Elle m'avait dit le nom : Dalí ». Dévorée par l’envie de connaître l’identité de son véritable géniteur Pilar Abel a fait plusieurs tests d’ADN. Aucun résultat ne lui est parvenu.

Devant cette absence de réponse, Pilar Abel saisit le tribunal de Madrid et demande l’exhumation du corps de Salvador Dalí pour effectuer un test ADN. Finalement le tribunal de Madrid accède à la requête de Pilar Abel tout en précisant qu’en cas d’absence de filiation entre Salvador Dalí et Pilar Abel cette dernière devra rembourser les frais engagés pour l’exhumation. Ainsi le jeudi 20 Juillet 2017 à 20h, la dalle d’une tonne qui recouvre la tombe de Dalí dans la crypte du théâtre-musée de Figueras est retirée pour laisser place aux experts qui procéderont au prélèvement ADN. Cette "opération technique très compliquée se fera sur des restes osseux et/ou des pièces dentaires". Les prélèvements ont ensuite été envoyés au laboratoire toxicologique de Madrid et le résultat est sans appel : Pilar Abel n’est pas la fille de Salvador Dalí. 20 ans après les funérailles du peintre catalan le tombeau se referme une nouvelle fois en offrant à Dalí une dernière journée à la mesure de sa vie. 

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