Du 1er au 21 septembre, nous glissons des tickets d’or dans certaines de vos commandes avec des remises à valoir sur la sculpture.

Du monde aux Balkans

Autrefois poudrière, aujourd'hui morcelée et en quête de stabilité, les Balkans tentent d'exister ailleurs que dans la colonne des conflits armés. L'Art Contemporain est comme un exutoire pour toute une génération d'artistes qui préfère laisser les préjugés au passé.

Belgrade, la ville sans passé

Confortablement installée entre la Save et le Danube, adossée au massif forestier de Sumadija et trônant fièrement face à la plaine de Pannonie, Belgrade est une de ces cités dont la situation géographique idéale aura déclenché nombre de convoitises et d'invasions. La Ville Blanche a vu défiler sur son sol, au cours de sa longue histoire sinueuse, du beau monde avec les Goths, les Huns, les Romains, les Bulgares, les Hongrois, les Autrichiens, les Turcs et les Allemands...  Carrefour tampon entre l'Occident et l'Orient, ce chaudron de deux millions d'habitants, qui n'a pas la beauté facile, a été détruit plus de trente fois, dont la dernière en 1999 après 78 jours de bombardements par l'OTAN. Un autre temps, dans les nineties, où ces Républiques d'ex-Yougoslavie passaient leur temps à faire scission et à commettre des génocides basés sur des différences ethniques aussi ridicules qu'infimes.

Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts du Danube et Belgrade, dont le pouls bat au même rythme que les Balkans, s'invente un présent et un futur sans complexes ni contraintes en ne se souciant pas du passé et de ses préceptes d'esthétique enfouis sous les cendres encore fumantes des guerres. Après presque une décennie de torpeur, on surnomme volontiers Belgrade la Berlin des Balkans. Entre caractère alternatif, effervescence artistique et dynamisme culturel en marge des institutions, les artistes occidentaux convergent tandis que les locaux émergent. Privés de musées, les deux structures nationales sont fermées, les initiatives privés sont plébiscitées "comme il n’y a pas beaucoup d’argent, on bricole avec pas mal de poésie" explique Misko Necak, cinéaste de son état. Ljudmila Statimirovic a ouvert le Centre Culturel Grad à Savamala, tandis que le jeune couple de "Robins des Bois" de la culture, Maja et Ivan Lalic, ont inventé le Mikser Festival, une sorte de plateforme des Arts. Deux initiatives remarquables parmi les centaines de galeries d'art qui se multiplient en Serbie, Bosnie, Bulgarie, Macédoine et aux quatre coins de la région.

"Nous parlons la même langue"

Les premiers enfants de ce nouveau souffle contemporain qui déferle sur les Balkans se nomment Mrdjan Bajic et ses œuvres protéiformes, Milica Tomić dont les sculptures violentes sont marquées par les conflits passés, Aleksandra Domanovic avec son style singulier entre art décoratif et modernité, ou encore Biljana Djurdjevic qui retranscrit aux travers ses paysages inquiétants les horreurs du régime communiste des années 1990.

(Mihael Milunović)

Mihael Milunović, artiste serbo-croate installé en France, qui a remporté le prestigieux Prix de la Fondation Renoir grâce à ses sculptures à haute valeur émotionnelle, et qui fait également partie de cette première vague, nous décrit cette saine mais puissante émulation « Nous sommes nés dans un pays, la Yougoslavie, qui n’existe plus. Nos cartes d’identité ont changé et nous ne pouvons pas dessiner la carte de notre pays. On nous assigne une étiquette – Serbe, Croate – mais nous parlons la même langue  ! »

Des ateliers de Mostar aux murs de Londres

Une langue universelle qui se nomme l'Art et qui est aussi parlée couramment par une toute nouvelle génération d'artistes nés entre 1980 et 1990, dont le passé ne fige ni leur présent, ni leur avenir. Les plus prometteurs d'entre eux sont regroupés sous la bannière d'une toute nouvelle structure qui a vu le jour au début de l'année 2016 : le Contemporary Balkan Art (CoBA). L'intérêt de la scène internationale pour les artistes de la région s'était vu peu à peu éteindre par l'instabilité politico-économique et la transition d'une nouvelle Europe. Le CoBA s'est donné pour mission de représenter et de promouvoir ces artistes dont le rôle important dans la sphère publique rend leur présence internationale cruciale. Face à l'abondance de nouveaux artistes issus de Podgorica, Plovdiv, Skopje, Tirana ou encore Novi Sad, le Contemporary Balkan Art a serré dès le début ses règles de sélection. Les heureux élus bénéficient d'une plateforme sophistiquée leur permettant de développer au mieux leur Art et les tendances futures grâce à des ateliers au contact d'autres artistes et d'experts internationaux. Malgré sa toute récente création, le CoBA  permet actuellement, et ce depuis le 7 décembre 2016, à six artistes d'exposer à Londres au sein de la Gallery 106 en plein coeur du quartier de Fulham.

C'est ainsi que les londoniens peuvent retrouver Roman Djuranović, originaire de Bosnie et diplômé des Beaux Arts de Cetinje au Monténégro. Déjà titulaire de nombreuses expositions individuelles au Canada, en Turquie, en Allemagne ou à New York, Roman voit son travail comme une partie de la tradition Pop Art et comme tel tire ses influences de la conception, la bande dessinée et le cinéma. Son travail est imprégné de ses propres expériences culturelles qui produisent son symbolisme individuel et poignant.

Natif de Mostar en 1983 et après avoir mené avec succès des études artistiques à Belgrade, Nemanja Golijanin présente une ligne ludique influencée par l'humour de l'art des dessins animés. Tadija Janičić est quant à lui originaire de Nikšić au Monténégro, c'est un coutumier des expositions individuelles en Hongrie, au Japon et du côté de la Scandinavie. L'ironie, le grotesque et le paradoxe sont ses moyens d'expression préférés. Žolt Kovač, qui est un gamin de Belgrade, est co-fondateur et rédacteur en chef de l'influent magazine d'Arts en ligne Supervizuelna.

Enfin, les deux derniers artistes que le CoBA présente à Londres sont deux jeunes serbes : Iva Kuzmanovic, la trentaine à peine passée, qui utilise la musique comme fil conducteur de son œuvre et Petar Mirkovic qui joue avec les ombres et les reflets pour créer une sorte de mythologie urbaine passionnante. Ces six talents sont les chefs de file d'une génération qui devrait faire parler d'elle d'ici les années voire les mois à venir sur la scène internationale de l'Art contemporain. Loin des illusions tirées des pellicules d'Emir Kusturica entre les kalachnikovs, les ivrognes slaves, les voitures détruites et les oies qui courent au milieu des rues boueuses, les Dragos Burlacu (Roumanie), Mirza Dedac (Serbie), Lidija Delic (Monténégro) ou Stanimir Genov (Bulgarie) espèrent faire rayonner et coloriser les Balkans un pinceau à la main.

Bonetti, l'œuvre ouverte

Natif de Sofia, en 1965, Bonetti a baigné très tôt dans l'Art grâce à sa mère professeur en la matière. Ses parents lui font voir de l'Europe et déambuler dans ses vieux musées emblématiques : L'Hermitage, le Louvre, le Prado ou le British Museum. Après un diplôme d'Art, il s'installe au Canada puis revient en Europe. De toutes ses excursions, Bonetti garde à l’esprit des moments vécus ou des lieux visités. Il retranscrit ces images à travers la peinture dans une démarche de destruction et de transformation. Son processus de création résulte de plusieurs couches de peinture acrylique travaillée au pinceau ou à l’éponge. Il recouvre ensuite son œuvre de résine pour que la peinture soit protégée et immuable.

Inspiré par les américains expressionnistes abstraits du XXème siècle et par l'allemand Gerhard Richter, Bonetti crée une nouvelle image en parallèle de la réalité qui représente la fragilité des illusions et le changement perpétuel du monde. Il laisse son œuvre ouverte à toute interprétation. Sa peinture pose une question et c’est au spectateur de proposer des réponses.

Voir la galerie de l'artiste

give-art-gift-voucher

turn-your-phone-into-a-piece-of-art-app-mobile

fren