Livraison et retour OFFERTS !

L'Art et la science, l'œil et la main

En octobre 1800, deux corvettes quittent Le Havre en direction de l'Australie pour compléter les connaissances géographiques, anthropologiques et naturelles de cette terre encore secrète. L'expédition deviendra alors l'une des plus belles illustrations de l'Art qui s'est mis au service de la science.

"Je pars pour mon bonheur"

Du rugby à l'opéra de Sydney, des aborigènes du bush aux kangourous et aux crocodiles, l'Australie est une terre démesurée, reine de toutes les particularités. Plus de 500 parcs nationaux  cisèlent, composent et protègent son territoire. Entre les illustres Flinders Ranges, Royal National ou Bay of Fires, dans les plaines sablonneuses de Geraldton, se tient fièrement le Lesueur National Park. Baptisé ainsi en l'honneur d'un certain Charles-Alexandre Lesueur, l'Australie se fend d'un bel hommage à l'un des hommes dont le formidable travail aura permis aux yeux européens du XIXe siècle de découvrir les trésors cachés d'une terre secrète au milieu du Pacifique.

(Le Naturaliste et le Géographe, les deux corvettes de l'expédition)

"Je pars pour mon bonheur". Lorsque le jeune havrais Charles-Alexandre Lesueur écrit cela, il ne se doute pas encore que ce 19 octobre 1800, il s'apprête à marquer la longue histoire commune de l'Art et de la science. A 22 ans, il embarque comme simple aide-canonnier au sein d'une expédition extraordinaire en direction de l'Australie, initiée par le capitaine Nicolas Baudin, soutenue par Napoléon Bonaparte, visant à compléter la reconnaissance géographique des côtes, réaliser l'inventaire des espèces et décrire les populations. Ce voyage incroyable compte de nombreux marins, mais aussi et surtout des géographes, des cartographes, des dessinateurs, des artistes, des naturalistes ou encore des botanistes. Après quelques mois de navigation, les maladies, tels le scorbut et la dysenterie qui ravageaient les voyages au long cours de l'époque, emportèrent de nombreux hommes comme les zoologistes Levillain et Maugé, et le jardinier Riedlé. Une escale à l'Île-de-France (aujourd'hui l'Île Maurice) en mars 1801 vit une dizaine de savants et d'illustrateurs déserter l'expédition pour cause de maladies, de mésentente avec le capitaine Nicolas Baudin ou d'autres raisons.

(Poisson de l'Île Maurice, Lesueur)

Parmi ces défections, figurent alors les trois artistes officiels de l'expédition, Louis Lebrun, Jacques-Gérard Milbert et Michel Garnier, que le capitaine Baudin remplace au pied levé par Charles-Alexandre Lesueur et Nicolas-Martin Petit, engagés comme aides-canonniers, mais dont les exceptionnels talents de dessinateurs avaient été reconnus par le capitaine. Si Lesueur a une formation de dessinateur, elle est plus élémentaire chez Petit. Leur travail doit beaucoup aux directives de François Péron, à la fois zoologue et ce que nous appellerions aujourd’hui anthropologue. Nous sommes en fin mai 1801, lorsque les deux corvettes, le Géographe et le Naturaliste, aperçoivent les côtes de la Nouvelle-Hollande.

Le parfait croisement entre Art et science

Gabrielle Baglione, la conservatrice du Muséum d'Histoire Naturelle du Havre, définit le travail de Lesueur avec précision et passion : "Ses dessins sont un parfait croisement entre Art et science. C'est l'une des plus belles illustrations de l'art qui s'est mis au service de la science. L'expédition rapporte plus de 100 000 échantillons et 2500 nouvelles espèces décrites pour la première fois". Au crayon, au fusain, à l'encre et à l'aquarelle, Charles-Alexandre Lesueur ébauche. Un mérou des brisants, des lions de mer, des kangourous gris, des chauves-souris diadèmes, des éléphants marins et un gnou à queue blanche...

Avides de rencontres et de découvertes des populations inconnues, les dessinateurs ont également étudié et retranscrit les visages et les postures des aborigènes d'Australie. Leur regard valorisant et bienveillant pour les peuples indigènes constitue aussi un corpus anthropologique précieux. La cartographie, les profils côtiers, le trajet des fleuves pendant près de quatre ans, rien n'échappe au trait et aux crayons de Petit et Lesueur. Résultat de l'expédition: 180 000 échantillons, 1 500 dessins et peintures.

L'œil et la main

400 dessins et 7 manuscrits restaurés du fonds Lesueur font l’objet d’une exposition plutôt atypique intitulée "L’œil et la main, Lesueur et Petit, dessinateurs de l’expédition Baudin en Australie, 1800-1804". L'expo a débuté à l’ambassade d’Australie à Paris le 28 avril 2016. Un événement inauguré par Sir Peter Cosgrove, gouverneur d’Australie, et Édouard Philippe, maire du Havre.

En Australie, six expositions différentes sont programmées jusqu’en 2018, du South Australian Museum d'Adelaïde à l'Australian National Maritime Museum de Sydney en passant par Perth, Camberra, Hobart ou Launceston en Tasmanie. Sous un intitulé commun, ce corpus global est structuré en quatre thématiques identiques (une cinquantaine de pièces par lieu) : la géographie (découvrir le Pacifique, cartographier la Nouvelle-Hollande), le voyage (quatre années dans les mers australes), la rencontre et l’observation de la nature. Cela s’inscrit dans le projet de mémoire partagée entre la France et l’Australie : "Imagination, explorations, souvenirs : l’histoire commune de la France et l’Australie".

Cette exposition inédite et ses escales australes garantissent que de nouvelles pages vont venir s’écrire et s'ajouter à la vie déjà bien longue et continue de ces œuvres et objets remarquables, ayant survécu à leurs créateurs, et même, dans le cas de l’émeu nain, à leurs congénères disparus.

Eric Robin, l'Art et la chimie

Enfant, Eric Robin est initié à la peinture à l'huile par un oncle artiste-peintre. Il peint pour son plaisir des œuvres figuratives. Ce n’est que vers l'âge de 35 ans qu’il décide d’explorer des voies de création plus personnelles orientées vers l'abstraction. Il pratique alors une technique mixte en utilisant la feuille de cuivre, dont il exploite la luminosité et les effets de son oxydation par des produits chimiques. Il allie Art et chimie pour magnifier les propriétés du cuivre et donner naissance à des œuvres vibrantes, toutes en lumière et en transparence. Dans ses œuvres : dorures, matières et couleurs se mêlent. Pour de plus petits formats, il applique les feuilles de cuivre sur des contrecollés selon la technique de la dorure. Puis il métamorphose le cuivre en conjuguant l’action de la chaleur, des produits oxydants et des encres.

Voir la galerie de l'artiste

offrez-de-l-art

Faites de votre écran une oeuvre d'art

$£