Les animaux au fil de l'Art

8 novembre 2016

Pionniers des sujets de l'Art, les animaux ont marqué de leur empreinte de nombreuses œuvres à travers le temps. De Lascaux à Jeff Koons, retrouvez ces bêtes qui sont devenues célèbres grâce à l'Art.

Les animaux de Lascaux

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Surnommée "la chapelle Sixtine de l'Art pariétal", la grotte de Lascaux est l'une des plus importantes grottes ornées du Paléolithique. En plein cœur du Périgord, cette galerie rupestre inscrite au Patrimoine Mondial de l'Unesco en 1979, arbore des peintures qui ont près de 18 000 ans ! Découverte par hasard en 1940 par un groupe d'adolescents, la grotte abrite de nombreuses représentations d'animaux, dont la fameuse salle des Taureaux. Des aurochs, des bisons, des bouquetins, des chevaux, des cerfs, des félins, un ours ou même un renne y sont dessinés ou sculptés à même la paroi avec une précision remarquable. Manifestement non habitée à l'époque, cette grotte jouait selon les historiens le rôle d'un sanctuaire à caractère sacré et religieux. Fermée au public en raison de nombreuses erreurs de conservation, plusieurs répliques à taille réelle ont attiré depuis presque 30 ans près de 10 millions de visiteurs venus à la rencontre des premiers animaux les plus célèbres de l'histoire de l'Art.

Bucéphale, cheval star

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Bucéphale est sans aucun doute le cheval le plus connu de l'histoire équestre. Formant avec Alexandre le Grand un couple indissociable, il est le compagnon exceptionnel qui voyage de l'Europe à l'Asie le conquérant dans toutes ses expéditions et ses batailles pendant près de 20 ans. Décrit comme un cheval à la force et à l'intelligence incomparable, il apparait sur la prestigieuse Mosaïque d'Alexandre. Œuvre à la valeur inestimable découverte dans les fouilles de Pompéi en 1831, mais créée initialement en Egypte, cette mosaïque au sol gigantesque (5,82 m sur 3,13 m) représente la bataille entre Alexandre le Grand et Darius III, roi des Perses. Abîmée puisque déplacée, l'œuvre exposée aujourd'hui au Museo archeologico nazionale di Napoli, nous permet tout de même de distinguer le célèbre Bucéphale enfourché par son maître. Si les sources divergent sur la raison de la mort de l'équidé, Alexandre en fit un dieu et fonde même sur son tombeau la ville de Bucéphalie, qui est l'actuelle Phalia au Pakistan. Outre cette mosaïque, Bucéphale est ensuite apparu sur de nombreuses sculptures, notamment sur le sarcophage de son cavalier, de nombreuses gravures ou peintures et même sur une lithographie signée Salvador Dalí.

Deux chiens de chasse liés à une souche

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Réalisé en 1548 pour le comte Zantani, patricien de Venise, ce tableau est le premier portrait animalier de l'histoire de la peinture occidentale. Réalisé avec un cadrage très serré caractéristique des maniéristes, tout en courbes et en contrecourbes, l'artiste Jacopo Bassano représente en pleine nature ses propres chiens, deux braques, qu'il représente souvent dans ses œuvres sacrées du milieu du siècle. En portraiturant ses chiens seuls, pratique assez peu courante à l’époque, Jacopo Bassano invente le genre de la peinture animalière, tout en rendant hommage au clair-obscur très en vogue à l'époque.

Le Rhinocéros de Dürer

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Aucun rhinocéros n'a plus marqué l'histoire de l'Art que celui dessiné par Albrecht Dürer. Installé à Nuremberg en Allemagne, cet artiste complet, mathématicien, graveur et peintre de la Renaissance, n'a jamais vu de ses propres yeux l'animal qu'il dessina. Informé par une lettre descriptive de Valentin Fernand un imprimeur allemand, de la présence d'un rhinocéros débarqué sur les berges de Lisbonne il entame alors en 1515 un croquis à la plume qui devient par la suite une gravure sur bois.  Son modèle représenté, bien qu'assez proche de la réalité, est en fait une chimère : il y ajoute sur l'encolure de l'animal une petite dent de narval, il dessine les plis de la peau du rhinocéros comme les plaques de la carapace d’un crustacé, interprète le rendu de la peau de ses pattes comme des écailles de reptile ou de pattes d’oiseau et lui dessine une queue d’éléphant. La gravure de Dürer obtint un tel  succès dans toute l'Europe que près de 5000 impressions de cette image furent probablement vendus durant son vivant. L'influence de l'œuvre de Dürer traverse même les âges pour fasciner de nombreux artistes jusqu'au XXème siècle. De la copie de David Kandel pour la Cosmographia (1544) à la sculpture le Rhinocéros Cosmique de Salvador Dalí en passant par les tapisseries du château de Kronborg ou les sculptures dans la grotte du parc de la Villa Medicea di Castello à Florence, le rhinocéros de Dürer continue encore aujourd'hui de susciter une véritable fascination.

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Le Cheval Blanc de Gauguin

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L'œuvre Le Cheval Blanc réalisée en 1898 à Tahiti par Paul Gauguin a été commanditée par un pharmacien. Ce dernier a refusé la toile choqué par les tentatives chromatiques qui représentent un cheval peint en... vert. En réalité, l'œuvre ne représente pas une scène réelle mais une vision imaginaire et synthétique d'un paysage tahitien où un cheval blanc voit sa robe se teindre de vert à cause de la végétation environnante. Véritable icône qui préfigure toutes les audaces chromatiques du XXème siècle, le Cheval Blanc de Gauguin est une des peintures les plus célèbres de l'histoire.

L'Ours blanc de Pompon

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Praticien d'Auguste Rodin, le sculpteur François Pompon n'aura connu le succès qu'à l'âge de 67 ans. Fils d'un ébéniste, il apprend les rudiments de la sculpture dans une entreprise de pompes funèbres à Dijon. Après plusieurs années de cours du soir à l'Ecole des Beaux Arts et l'Ecole Nationale des Arts Décoratifs, il rencontre le sculpteur animalier Pierre-Louis Rouillard qui deviendra la source d'inspiration de ses travaux qui le rendront célèbre plus tard. Adepte original de la figure humaine, il met son œuvre au service des animaux qu'il observe au Jardin des Plantes. Eliminant l'accessoire et le détail, il abandonne tout rendu réaliste pour s'attacher à "l'essence même de l'animal". Après quelques sculptures qui connaissent une brève popularité, comme sa Tourterelle (1919) qu'il vendit au Musée du Luxembourg ou ses trois sculptures animalières en plâtre du musée de Grenoble, Pompon atteint le succès grâce à l'exposition de son Ours blanc (1922) au Salon d'Automne des artistes français. Aujourd'hui exposé au musée d'Orsay depuis 1986, l'Ours blanc est une des sculptures animalières les plus connues du monde.

Le caniche de Koons

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Œuvre d'art contemporaine la plus chère du monde, le Balloon Dog de Jeff Koons s'est vendu pour près de 52 millions d'euros aux enchères en 2013. Cette sculpture monumentale n'est cependant pas une pièce unique, il en existe cinq versions différentes, réalisées entre 1990 et 1994, et qui ne diffèrent que par leur couleur : jaune, rouge, orange, magenta. Ses premières œuvres, Jeff Koons les réalise à partir de 1977, à New-York. Ce sont les fleurs et les jouets gonflables en plastiques qui déjà l'attirent. Dans un atelier situé à Chelsea, ses œuvres sont réalisées en collaboration étroite avec plus d'une centaine d'assistants. Loin d'être seul maitre à bord dans la réalisation de ses œuvres, Koons insuffle ses idées qu'il fait réaliser par ses collaborateurs. Surnommé le "Maître du Kitsch", il atteint le succès total grâce à ses Ballons Dogs qui deviennent la référence absolue pour le club fermé des plus grands collectionneurs de la planète. En acier inoxydable, cette sculpture monumentale représente un chien réalisé à partir d'un ballon. Devenu iconique, le Balloon Dog de couleur rose est aujourd'hui exposé au Centre Pompidou de Paris.

Mais aussi : les sculptures antiques égyptiennes de Bastet, les singes costumés de Teniers, la Dame à la Licorne, le tigre dévorant un gavial d'Antoine-Louis Barye, les animaux sous formol de Damien Hirst, l'araignée de Louise Bourgeois...

Hervé Maury et les animaux surpris

Alors qu'il avait entamé une carrière dans la métallurgie, Hervé Maury commença à peindre complètement par hasard. Alors qu'il souhaitait décorer son appartement avec des toiles sur le thème des animaux, il se mit instinctivement à créer et habiller les murs de ses propres toiles. Poussé par ses proches, plus fabuliste que naturaliste Hervé Maury dote les personnages animaux d’une certaine complexité, métamorphosant le bestiaire hérité à la fois de la tradition médiévale, des peintures rupestres et de l’Art extrême-oriental. Au départ passionné par les insectes, il peint aujourd’hui aussi des tribus de girafes, des bancs de poissons ou des portraits de souris. Il commence à créer ses œuvres avec du sable et une palette de pigments sur papier kraft et sur toile de lin. Il affine à l’aide de gouache, encre de chine et parfois charbon de bois. Au fur et à mesure, il diversifie ses matériaux allant jusqu’à intégrer des cendres ou du marbre. . Au fil de l’évolution de son travail, une seule constante persiste : les tonalités naturelles que l’artiste a conservées de l’utilisation originelle du sable. Les animaux semblent sortis de terre et surpris d’être regardés.

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