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Les secrets du Cri

Réalisée par l'artiste norvégien Edvard Munch en 1893, Le Cri qui en plus d'être l'œuvre majeure de l'Expressionnisme européen, est une icône mondiale du XXème siècle appartenant à la mémoire collective. Maintes et maintes fois décryptée, analysée et interprétée, la toile cache encore quelques secrets.

Une toile à cinq branches

Conservée au Nasjonalmuseet d'Oslo et connue de tous les regards, la première version du "Cri" datant de 1893, qui est une tempera sur carton, n'est pas la seule version ! Edvard Munch s'est en effet fendu de cinq variantes de sa plus célèbre toile : une pastel très colorée de 1895 qui était propriété du magnat norvégien Petter Olsen avant d'être vendue aux enchères en mai 2012 pour la colossale somme de 119,92 millions de dollars. Une deuxième tempera sur carton datant de 1910, similaire à l'initiale, suivie d'une quatrième version griffée au crayon de papier sont visibles et exposées également au Nasjonalmuseet d'Oslo. Enfin, une dernière mouture a vu le jour en 1895 à Berlin sous les traits d'une lithographie, œuvre précieuse puisque sa pierre à impression fut détruite peu après.

Ne crie pas celui que l'on croit

En posant son regard pour la première fois sur l'œuvre d'Edvard Munch, on se laisse facilement emporter par l'hypothèse que la toile représente un être qui, épouvanté par une chose ou un phénomène hors champ, se met à hurler de terreur. D'autant plus que le titre donné à l'œuvre, Le Cri, entretient à merveille la confusion. Or, ceci est une interprétation inexacte ! En réalité, le personnage principal de la toile, qui serait en fait Edvard Munch lui-même, à s'y fier à la note associée à l'œuvre, est bel et bien effrayé, mais par un hurlement qui ne provient pas de sa bouche. Squelettique, il se prend la tête dans la main, pour vraisemblablement empêcher un cri perçant et glacial d'atteindre ses tympans. Œuvre à la dimension autobiographique, ce cri pourrait tout à fait être illusoire quand on se penche sur l'histoire accidentée d'Edvard Munch. Dévoré par une enfance obscure, le peintre est un homme troublé qui est en proie à de nombreux délires fantasmagoriques. Son journal associé au "Cri" le prouve sans détour : "Je me promenais sur un sentier avec deux amis — le soleil se couchait — tout d'un coup le ciel devint rouge sang je m'arrêtai, fatigué, et m'appuyai sur une clôture — il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir de la ville — mes amis continuèrent, et j'y restai, tremblant d'anxiété — je sentais un cri infini qui se passait à travers l'univers et qui déchirait la nature."

Inspiration momie

Toile à la puissance troublante, le visage du personnage principal en est l'élément le plus perturbant. A qui l'homme effrayé vole t-il ses traits si réalistes ? En 1978, Robert Rosenblum, spécialiste de l'œuvre de Munch, chercheur pour l'Université d'Oxford et Légion d'honneur, insinue que "la créature" singulière du premier plan est inspirée par une momie chachapoyas péruvienne, qu'Edvard Munch aurait pu apercevoir lors de l'Exposition Universelle de 1889 à Paris. Placée en position fœtale, ses mains encadrant son visage la momie présente en effet une ressemblance frappante à la peinture du Maître norvégien. Croisée également par Paul Gauguin, cette momie qui repose au Musée de l'Homme du Trocadéro, fut incrustée par le peintre dans son tableau "D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?"

Les raisons de la couleur

En plein cœur des années 1880-1890, Edvard Munch aime à s'inspirer des couleurs et de la lumière qui dessinaient ses excursions dans les campagnes et les fjords norvégiens. Mais alors pourquoi le ciel présent dans Le Cri est-il peuplé de rouge sang, de tons orangés et d'une palette flamboyante ? Outre la symbolique chromatique qui n'est pas innocente au vu des volontés de Munch de représenter la souffrance, l'explication se trouve tout simplement dans un événement climatique et naturel inédit ! En 1883, le Krakatoa, un volcan gris d'Indonésie, est entré en éruption pour produire l'une des plus violentes explosions du genre. Le bruit provoqué par la catastrophe serait le plus fort entendu par des oreilles humaines : parvenu à près de 180 décibels à 160 kilomètres de distance, il a rendu sourdes toutes les personnes dans un rayon de 20 kilomètres. Des vagues géantes, 46 mètres pour la plus impressionnante, ont déferlé sur l'Asie et à l'Afrique tandis que les panaches de cendres volcaniques sont montés à 80 kilomètres dans l'atmosphère. Ces poussières sont à l'origine des couchers de soleil flamboyants observés jusqu'en Europe et même aux Etats-Unis. Certainement témoin de plusieurs d'entre eux, Edvard Munch s'en est largement inspiré pour définir le nuancier du ciel de son Cri.

Vols en série

Alors que la version de 1895, détenue par Petter Olsen et vendue aux enchères en 2012, fut un temps la toile la plus onéreuse du monde avec près 120 millions de dollars déboursés, deux de ses "sœurs" furent également très convoitées au point de tomber aux mains de voleurs. Le 12 février 1994, le Cri du Nasjonalmuseet d'Oslo est dérobé. Alors que les groupes anti-avortement norvégiens sont soupçonnés, le tableau est proposé quelques semaines plus tard au gouvernement contre une rançon de 1,2 million de dollars. L'œuvre est finalement retrouvée intacte en mai de la même année par la police norvégienne dans un hôtel à Asgardstrand. Dix ans plus tard, en août 2004, c'est la version de 1910 qui est subtilisée en plein jour par un commando d'hommes armés en même temps que La Madone. Imaginées brulées, disparues, les toiles furent finalement retrouvées deux ans plus tard dans un état jugé assez bon. Les chefs d'oeuvres ont depuis retrouvé leur place sur les murs du Nasjonalmuseet d'Oslo, admirés mais aussi surveillés par des millions de regards.

Le Cri et ses echos

Reproduit un nombre incalculable de fois, Le Cri appartient à la mémoire collective mondiale. Le Financial Times l'évoque comme l'œuvre d'art la plus reconnaissable au monde après La Joconde. Sa réputation et son influence ont depuis longtemps brisé les frontières de la Norvège et du monde de l'Art. Rien d'extraordinaire alors de voir que le tableau fait l'objet de reproductions et autres détournements inspirant même la pop-culture. Andy Wahrol en produit de nombreuses sérigraphies, les publicités comme celle pour les M&M's n'hésitent pas à placer leurs produits au sein de la toile. Peuvent être cités La Ghostface rendue célèbre par Wes Craven et sa saga de films d'horreur "Scream", l'affiche du film "Maman j'ai raté l'avion" ou encore "L'Etrange Noël de monsieur Jack" qui rendent tous hommage au tableau du Maître Munch.

Fauve, l'expressionnisme plaisir

Passionnée dès son enfance par la peinture, Fauve apprend seule en s'inspirant d'ouvrages d'histoire de l'Art. Devenue secrétaire, elle n'abandonne cependant pas sa passion et s'y consacre même entièrement en 2000 en ouvrant "L'Atelier Fauve" à Roanne (42) avant de le transférer à Saint-Haon-le-Châtel (42). Largement inspirée par les expressionnistes comme Edvard Munch, Ernst Ludwig Kirchner, Egon Schiele ainsi que par Jean Dubuffet, le Père de l'Art Brut, Fauve construit ses toiles à partir de couleurs festives sur lesquelles elle place des personnages féminins fictifs. Elle partage son goût pour les plaisirs de la vie et peint des scènes de la vie quotidienne. A la limite du nostalgique et du mélancolique, ses personnages sont des quasi-caricatures aux regards généralement joyeux.

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