Picasso, le roi de l'arène

Des arènes de corrida, des picadors et leurs banderilles, des combats de toreros... incontestablement, la tauromachie est l'un des thèmes les plus récurrents de l'œuvre de Pablo Picasso.

L'arène des passions

Assis dans les gradins en pierre d'une arène chauffée toute la journée par ce soleil qui étourdit l'Espagne, un petit garçon qui vient de souffler sa huitième bougie pose les yeux pour la première fois sur un monde qui va influencer sa vie et bien plus encore. Déjà familier des courses de taureaux, aux côtés de son père ce jour-là, le jeune Pablo Picasso découvre la corrida à Malaga. Touché de plein fouet, le futur artiste est fasciné par la bestialité et la brutalité théâtrale qui émane du combat avec le taureau. Cette passion, Pablo Picasso, l'enfant de l'Espagne, va s'y attacher jusqu'à la fin de sa vie. Après les arènes de Malaga, c'est en France, à Arles, Nîmes, Vallauris et dans tout le Sud qu'il va continuer de suivre avidement les corridas et les ferias.

Le thème de la tauromachie apparaît très tôt et durablement dans son œuvre. Entiché de l'animal, enfant, il le représente sur bois. Plus tard, il deviendra un sujet récurrent en peinture, en dessin, en gravure et même en sculpture. La première œuvre de Pablo Picasso sur le sujet est une scène de corrida qui date de 1889, intitulée "Petit picador jaune". On y découvre un homme paré d'or qui semble inhabile sur son cheval noir... mais on pardonnera l'artiste qui n'avait que 8 ans à l'époque ! Plus tard, ses dessins, mais aussi ses toiles les plus marquantes comme "Course de taureaux" et "Scène de corrida", réalisées en 1901 à son arrivée à Paris, témoigneront de cet attachement viscéral de Picasso au monde de la tauromachie même loin de sa terre natale. Cette pratique, peu connue en France, Picasso est l'artiste qui contribuera le plus à la populariser dans l'hexagone en y entraînant, entre 1910 et 1930, dans les gradins de différentes arènes, des personnalités comme Georges Braque, Max Jacob, Robert Desnos, Francis Picabia, Jean Cocteau, Paul Eluard ou encore René Char. Il tente de transmettre cette fascination pour la violence de la confrontation des corps : celui du torero, dans sa danse funeste avec le taureau, mais aussi celui du taureau qui menace à tout instant le cheval du picador. C'est dans les années 1930 que la tauromachie devient un sujet frénétique à la limite de l'obsession pour Picasso.

Sous le signe du taureau

Le tableau "La Mort du torero" de 1933 est le parfait exemple de l'interprétation de la tauromachie par Picasso. On y retrouve dans un enchevêtrement charnel au milieu de l'arène le corps du cheval, de son picador, celui du taureau et la mort qui rôde. Ce qui est certain, c'est que le cheval est une figure principale de la corrida pour Picasso. Représenté comme une victime face à la force primitive qu'exprime le taureau dans cette toile, on le retrouve quelques années plus tard  au sein du célèbre "Guernica", où il est éviscéré, tordant son cou dans un hennissement de douleur. Les arènes de corrida sont elles ingénieusement représentées dans le décor des céramiques que l'artiste a créé à Vallauris, dans le haut-pays niçois. La forme elliptique du plat coïncide parfaitement avec celle de l'arène qui la représente. Le picador est un élément central du combat, qu'il magnifie notamment dans une superbe série de dessins à l'encre en 1959. Mais la figure de la corrida qui hante et habite véritablement l'œuvre de Picasso est incontestablement le taureau. A tel point que l'artiste en fait bien souvent un sujet à part entière d'un grand nombre de ses travaux, comme les toiles, gravures et autres céramiques. L'animal cornu va prendre une importance considérable dans les années 1930, lorsque Picasso fait surgir l'effroyable figure du Minotaure. A ses yeux, cette créature tout droit débarquée de la mythologie grecque, mi-homme mi-taureau, est l'incarnation parfaite de la dualité bestiale et humaine qu'il porte en lui. A partir du taureau qui a fasciné ses yeux d'enfant, il fait du Minotaure un double pictural et imaginaire, un être régi par ses pulsions sexuelles qui s'expriment de façon brutale. L'animal devient alors la figure centrale de dessins et de gravures où on le scrute aux prises avec une femme dans une lutte aux accents érotiques. "Le Minotaure et la jeune fille" (1934-1936) en est le parfait exemple, et fait partie d'une série d'œuvres couramment rassemblées sur le titre de Minotauromachie.

Accompagné tout au long de sa vie par la tauromachie, Pablo Picasso illustre en 1930 les Métamorphoses d'Ovide et réalise en 1933 la couverture du premier numéro de la revue surréaliste "Minotaure" fondée par Georges Bataille. Il réalise en 1953 avec son ami le torero Luis Miguel Dominguin, l'ouvrage Toros y toreros. Impossible de ne pas penser au célèbre assemblage d'un guidon et d'une selle de vélo habilement réalisé en 1942... en forme de tête de taureau. Mais aussi les nombreuses céramique de Vallauris ornées de la tête ou de l'œil de l'animal. L'œuvre la plus surprenante est sortie en 1945 et représente une série d'estampes réalisées chez le lithographe Fernand Mourlot. En onze étapes magistrales, Pablo Picasso fait évoluer son taureau d'une représentation massive et réaliste vers une forme élémentaire de sa silhouette par un simple trait. Une passion qui fera dire à Pablo Picasso "Si je n'avais pas été peintre, j'aurais été picador". Mais mieux vaut dessiner les taureaux plutôt que de les tuer.

Perrotte ou l'écoute de soi

"Mes influences sont au départ en grande partie liées à Miro, j’ai toujours aimé les formes et les couleurs de cet artiste. Inspiré aussi par Picasso, je fais quelques toiles de tauromachie qui me réjouissent une fois terminées." Perrotte est un peintre catalan installé à Toulouse dont l'univers artistique est celui d'un passionné. Il voit de l'Art partout où il y a de l'émotion. Il considère chacune de ses œuvres comme un voyage personnel. Il entend faire vibrer l'âme du spectateur au travers ses fonds, ses formes et ses traits qui créent d'opulentes associations de couleurs. L'écoute de soi et l'instinct deviennent alors essentiels, et le résultat donne de véritables aventures où chacun peut réussir à capter l'émotion du peintre.

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