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Quand la peinture se fait sculpturale…

27 février 2020

Pierre Soulages, qui a fêté récemment ses 100 ans, est à l’honneur d’une grande exposition rétrospective au musée Fabre de Montpellier qui met en lumière son œuvre avec un regard littéraire, grâce à de nombreuses notes et archives de l’artiste. L’occasion de revenir sur ces artistes qui, à l’instar du maître de l’Outrenoir, explorent les territoires de la peinture… sculpturale.

À bien y regarder, nulle toile n’est parfaitement lisse. Les touches apparaissent, grasses ou sèches, et font naître de légers volumes qui accrochent la lumière. Pierre Soulages a poussé l’idée à son paroxysme en conceptualisant à partir de 1979 l’Outrenoir – il s’est alors mis à utiliser la peinture noire pour faire de la surface de la toile un émetteur de lumière, qui glisse sur les reliefs, les lignes et les stries. Il a ainsi réussi à déplacer l’attention : nous ne regardons plus les motifs ou les couleurs, mais, purement et simplement, la clarté du monde qui se réfléchit devant nos yeux.

D’autres ont joué avec la peinture de façon plus brutale : il y a l’Italien Lucio Fontana, dont les toiles portent la trace de coups de poignards, ou Niki de Saint Phalle, qui organisait des séances de tirs sur des toiles blanches.Alberto Burri a joué avec les craquelures naturelles de la peinture en les grossissant, et les a si bien mises en valeur qu’elles semblent être un sol sec porté sur le mur ! Nombreux sont également les artistes à inviter à la table de la peinture des ingrédients sculpturaux, comme Pablo Picasso qui invitait papier journal et cordelette au milieu de ses motifs – faisait du réel et du quotidien un acteur de l’art.

Nul peut-être n’a été plus loin que César dans la démonstration d’une peinture sculpturale, avec ses Expansions en polyester qui imitaient, de façon monumentale, l’acrylique brillante qui coule sur le sol… Plus insolent peut-être, l’Américain Richard Jackson et ses installations aux couleurs vives : des toiles retournées et accrochées, que l’artiste a frottées sur le mur (comme des pinceaux !) pour étaler la peinture. La boucle est bouclée !

Laurence Moracchini, la matière de la peinture

Après avoir pendant quelques temps exploré l’art figuratif, Laurence Moracchini, elle aussi, envisage la surface de la toile comme le tremplin de mille et une expérimentations. Celle-ci travaille en premier lieu ses fonds, les recouvrant de peinture, les grattant ou jouant avec les lignes des coulures de peinture. Puis, des compositions abstraites naissent sous ses larges spatules recouvertes d’acrylique mélangée à de la poudre de marbre. Laurence Moracchini s’amuse donc avec la superposition des couches et des textures, qu’elle travaille avec un soin d’orfèvre – tout en étant attentive à la poésie du hasard et de l’aléatoire des matières.

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