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Qui est Daniel Reymann ?

25 juin 2020

Né à Mulhouse, Daniel Reymann est un peintre français à la recherche d'une peinture universelle, qui pourrait parler à tout le monde. Il peint depuis plusieurs années des tableaux où la couleur tient une place dominante et où elle rend le motif superflu. Minimalisme, spontanéité et hasard sont au coeur de l'oeuvre de Daniel Reymann…

Quand est-ce que votre passion pour la peinture a débuté ?

« Aussi loin que je me souvienne, les arts graphiques et plastiques ont toujours fait partie de ma vie. J'ai toujours aimé les formes surprenantes et les couleurs chatoyantes. Enfant, je passais des heures à observer les reflets de lumière dans un verre d’eau. Je m’émerveillais de la forme des taches de café sur la table, de leurs dégradés délicats. Je cherchais des dragons et des chevaliers dans les motifs des carrelages aux formes indéfinissables. Vers 12 ans, mon grand-père, ébéniste, m’a donné des bases opérationnelles du dessin. Il m’a expliqué qu’il fallait utiliser le crayon dans toutes ses possibilités : du plus clair au plus foncé. Je n’y avais pas pensé. Je croyais que le crayon ne laissait qu’une trace qu’on pouvait facilement gommer. Cette révélation m’a marqué à vie. Plus tard on m’a formulé cela d’une manière plus large : il n’y a pas d’art sans contraste ; J’ai gardé cette information précieusement dans un coin de ma tête. »

 

Hormis votre grand-père, y a-t-il une autre personne qui vous a initié à l’art ?

« Notamment ma professeure d'Arts Plastiques de l'Ecole Normale qui nous a initié à l'Art et à l'art contemporain en particulier: théorie des couleurs, règle d'or, la peinture à l'huile et surtout les sensations qui accompagnent cette pratique : l'odeur du Casé-arti, de l'huile, des essences, le grain de la toile, la douceur des pinceaux en poil de martre, tout un monde qui flatte les sensations. Elle m'a fait remarquer que toutes mes compositions intuitives obéissaient à la règle d'or. Depuis ce jour, je sais que j'ai la liberté de faire sans construire. »

Vous n’avez pas débuté votre carrière en tant que peintre, pour quelle raison ?

« J'aurais dû opter pour les Beaux-Arts, comme mon professeur d'arts plastiques m'y encourageait mais je ne sortais pas d'un milieu où il était bien vu de s'engager dans un avenir incertain. C'est alors que j'ai choisi une filière scientifique qui devait m'offrir un avenir plus sûr. Finalement, je me suis retrouvé instituteur puis professeur des écoles pour enseigner le Français Seconde Langue. Je ne regrette rien. J'ai pu fonder une belle famille et avoir du temps pour peindre, pour sculpter ou encore faire de la musique. Ce fut une période aussi riche que ma passion pour la peinture et a comblé ma vie d'homme et d'artiste. »

 

Un souvenir qui vous a marqué ?

« J'en étais encore à la découverte du monde quand les professeurs nous ont emmenés voir l'exposition de Van Gogh à Strasbourg. C'était magnifique. Je sentais bien qu'on n'était pas préparé à recevoir cette vision. On sentait qu'il y avait bien plus que des images, que des motivations très profondes nous emmenaient bien au-delà du visible. En même temps que cette exposition, il y en avait une autre, sans prétention, sur l'art minimal. Cela m'a bouleversé définitivement autant que l'exposition de Van GOGH. »

 

Quelle est votre technique ?

« Je laisse le hasard orienter mon regard et guider mon geste. Au moyen d’outils divers (éponges, rouleaux voire ustensiles de cuisine…), je travaille à l'acrylique et utilise tous les outils possibles sauf les pinceaux que je trouve trop facilement maîtrisable. Je trouve mon chemin vers une peinture sans sujet, une peinture abstraite. Ce qui m’importe, c’est la confrontation entre moi, la matière picturale et l’outil dans un temps donné. Avec l’acrylique, le temps est un facteur essentiel qui m’impose de travailler dans l’urgence. J’adore l’imprévu, le choix qu’il m’impose et le résultat inattendu qu’il me propose. J’aime tellement cela que je provoque de l’imprévu pour chaque tableau. Je change de technique pour chaque projet et chacun jette les bases pour le suivant. Dans tous les cas, je sais que je peux faire confiance dans la matière pour me suggérer des mondes insoupçonnables, mais probables. Je laisse à la matière le soin de créer la complexité suffisante pour qu’il y ait une multitude de tableaux contenus dans un seul ; Je ne veux pas qu’on s’ennuie quand on regarde mon travail. »

Vous aimez les expérimentations, vos idées évoluent, votre façon de vous exprimer aussi, pourquoi ?

« J’ai été amené à me demander ce qui se passerait si on m'enlevait tel ou tel élément que j'estime indispensable pour peindre. J'ai donc retiré successivement et alternativement les toiles ou quelque support traditionnel que ce soit. J'ai peint sur des planches de coffrage, du bois vermoulu, toutes sortes de bois de rebut, des feuilles de plomb... J'ai ensuite retiré les couleurs. J'ai commencé à broyer du charbon de bois, de la terre cuite, des craies. J'ai également utilisé des feuilles d'or composite et, dans ce cas, je les ai toujours associées avec les graphismes les plus simples par souci de contraste. J'ai ensuite retiré la main gauche pour concevoir les dessins de la main droite. La maladresse m'a permis de trouver des choses que j'ignorais. J'ai ensuite retiré la vue. J'ai conçu tous les projets les yeux fermés. Tous les essais étaient nettement plus aboutis et intéressants que le dessin sur le motif. J'ai ainsi appris à revendiquer les « erreurs ».

L'idée directrice de toutes ces expérimentations était de me créer des contraintes pour avoir la liberté de m'en affranchir. Je voulais la liberté totale au moment de peindre.»

 

Si vous deviez donner un conseil ?

« Toujours remettre en question les acquis ; toujours expérimenter de nouvelles pistes ; toujours repousser les limites, se laisser surprendre par ce dont on ne se croit pas capable, varier les techniques à chaque tableau et finalement se sentir vivant. »

                              

                 ECE, Daniel Reymann                                                                    DEC, Daniel Reymann

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