L'Art du portrait

25 octobre 2016

Présent depuis l'Antiquité, abandonné à des fins religieuses, sublimé par les Maîtres Flamands et torturé par la photographie, l'Art du portrait a tracé une ligne sinueuse suivant les courbes aux aspects variés de l'histoire de l'Art.

Art funéraire et spirituel

Au même titre que l'aquarelle ou que l'Art figuratif, les représentations de portraits puisent leur origine dans l'époque Antique. Le tout premier portrait est attribué aux artistes de l'Ancien Empire Egyptien (2700-2300 avant J.-C.). Entièrement dédiées aux défunts, aux rois et aux divinités, ces peintures ne sont pas réalisées pour être vues par les vivants mais destinées au monde spirituel. Même si elles n'ont pas le sens qu'on donne au portrait aujourd'hui, leurs codes sont spécifiques et ces "portraits funéraires" sont dépendants de l'importance sociale du sujet réalisé. Au sein de cette même Egypte, au premier siècle de notre ère, nous arrivent les fameux "Portraits de Fayoum". Cet ensemble de peintures réalisé de la fin du règne de l'empereur romain Tibère jusqu'au IVème siècle, représente des portraits funéraires peints et insérés dans les bandelettes au niveau du visage de la momie concernée.

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(Les portraits de Fayoum)

Des autres civilisations comme celle des Romains ou des Grecs, peu de peintures ont subsisté, mais les sources littéraires de l'époque, notamment les écrits de Pline l'Ancien, sont unanimes et témoignent de cet Art du portrait. « La peinture de portraits qui sert à transmettre à travers les âges les ressemblances précises des personnes, a entièrement disparu... l'indolence a détruit les arts ». De l'époque, il est possible de catégoriser la peinture de portrait en deux groupes : les portraits afférents à l'Art funéraire qui jouent le rôle de commémoration et de souvenir et les portraits qui concernent l'Art glorificateur. Pline l'Ancien évoquait d'ailleurs à ce sujet « Par cet art les nobles étaient encore plus nobles ». Cet Art est destiné à ceux qui ne connaissent pas le représenté et il s'étend rapidement même aux moins célèbres, en témoigne cette fresque de Pompéi représentant un boulanger et son épouse comme deux grands personnages. Bien que populaires, les portraits grecs et romains vont se voir éteindre par la montée du christianisme et l'avènement de la pensée chrétienne.

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(Portrait du boulanger Terentius et sa femme)

L'ellipse du Moyen-âge

Comme toute religion monothéiste, le christianisme entretient des relations incertaines avec la représentation de l'homme et l'image en général. Dans les premiers siècles du Moyen-âge, c'est l'interdiction de peindre ou de sculpter des êtres humains qui prédomine. L'Eglise régit l'Art à sa manière et dans la crainte de l'idolâtrie, seules les scènes sacrées sont autorisées pour décorer les édifices religieux. Après près d'un millénaire de mise à l'écart, l'Art du portrait revient progressivement sur le devant de la scène.

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(Christ en croix entre la Vierge et saint Jean, le roi Charles VII et le Dauphin 1460-1470)

Pour Guillaume d'Ockham (1285-1347), il faut absolument séparer la Foi et la Raison pour que la peinture puisse évoluer. Les papes et les grands mécènes, dont les dons permettent d'embellir ou de restaurer des églises, se font distinctement représenter souvent agenouillés aux pieds du Christ, de la Vierge ou d'un saint offrant une réplique miniature de l'édifice concerné. C'est dans la deuxième partie du  XIVème siècle que le portrait s'émancipe et se laïcise enfin pour devenir un genre à part.

"L'homme est le modèle du monde"

La Renaissance, ses courants humanistes, son intérêt pour le monde naturel ainsi que pour les cultures antiques de la Grèce et de Rome, marque un tournant pour l'avenir de l'Art du portrait. Cette époque de l'éloge de l'individu est fertile à l'avènement du portrait comme genre artistique. En suivant l'évolution et les innovations de la société et de l'Art en général, les portraits adoptent plusieurs formes, poses et techniques. Ils se développent principalement en Italie, à Florence, et en Flandres. Chacun de ces courants infléchit le genre selon sa sensibilité. Dans le pays de Leonardo da Vinci, de Sandro Botticelli et de Michelangelo, les personnalités sont le plus souvent peintes en buste. De cette école est né le portrait le plus célèbre du monde occidental : Mona Lisa. Les peintres Flamands, Jan van Eyck, Lucas Cranach, Albrecht Dürer, abandonnent la tempera pour la peinture à l'huile et produisent des peintures ultra réalistes, orientées de trois-quarts, comme en témoigne Le Portrait de Thomas More (1527) par Hans Holbein le jeune.

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Au XVIème siècle, l'Art du portrait devient un art de cour sous l'impulsion de l'école de Venise et des peintres Giorgione et Titien. Si certains grands artistes pratiquent occasionnellement cet art, d'autres en font leur spécialité comme Rubens ou Van Dyck qui subliment le portrait du Prince d'Angleterre dans une Europe du XVIIème siècle de plus en plus friande du genre. A tel point que les riches marchands ou les membres de la petite bourgeoisie avides de reconnaissance sociale n'hésitent plus à passer commande.

Un Art évolutif

L'histoire de l'Art a toujours été en partie dictée par l'évolution du monde, la religion et souvent même par le contexte géopolitique. L'histoire de l'Art du portrait n'échappe pas à cette règle : en France après les combats de religion, les portraits reflètent l'austérité voulue par les restrictions post-guerres. Au milieu du XVIIème siècle, le portrait enfile ses habits d'apparat pour représenter les grands dignitaires officiels du régime de façon stricte mais avantageuse. En Hollande, alors que les artistes bataves ne reçoivent aucune commission de l'Eglise calviniste, les portraits de groupes sont produits en grand nombre.
Après la droiture et la rigueur, au XVIIème siècle, l'Art du portrait évolue encore avec le Baroque et le Rococo : les mouvements et les couleurs gaies deviennent plus importants que les finitions réalistes qui dominaient auparavant. La recherche psychologique est plus poussée et travaillée, les artistes se concentrent dorénavant sur les expressions, le regard, le sourire du sujet. Les portraits au pastel, sous l'influence de Quentin de la Tour ou de Jean-Baptiste Perronneau, s'imposent comme le genre à la mode. Le Siècle des Lumières permet de faire naître un courant cher à Jean-Jacques Rousseau : le sentimentalisme, parfaitement représenté dans les portraits d'Elisabeth Vigée Lebrun par exemple.

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(Jean-Jacques Rousseau par Quentin De La Tour)
Si, en pleine révolution industrielle, la bourgeoisie, qui a accédé à un pouvoir d'achat lui permettant de devenir commanditaire, aime à se faire tirer le portrait, l'invention et l'essor de la photographie permettent au genre de se renouveler. Touché de plein fouet par les mouvements artistiques principaux, l'Art du portrait se décline également entre Néoclassicisme, Romantisme, Réalisme et Impressionnisme. Le rapport des artistes à la figuration étant modifié, la dévaluation de la notion de ressemblance conjuguée à la naissance de l'abstraction, avec Kandinsky en 1910, permet aux artistes d'utiliser le portrait comme un prétexte. Il devient essentiellement une manière de représenter quelque chose plutôt que quelqu'un. Les fauves et les cubistes continuent d'ouvrir la voie tracée par leurs prédécesseurs : le portrait importe moins que le tableau lui-même.
Dans les années 1960 et 1970 se manifeste un regain d'intérêt pour l'Art du portrait à visée plus réaliste. Les artistes américains Andy Warhol, Alex Katz ou Chuck Close font du visage humain le point de départ de leur travail. Lucian Freud (petit-fils de) et Francis Bacon produisent des peintures éloquentes. Le portrait "Benefits Supervisor Sleeping" (1995) de Freud fut même vendu pour près de 34 millions de dollars aux enchères.

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(Benefits Supervisor Sleeping, 1995)

Qu'il soit d'apparat, psychologique, allégorique, intime, mimétique ou idéalisé, dans l'histoire de l'Art, le portrait répond toujours aux mêmes objectifs et aux mêmes questions. La volonté d'idéalisation et de réalisme reste même encore plus que jamais d'actualité, où chacun d'entre nous veut apparaître en public ou sur les réseaux sociaux sous son meilleur profil.

Luis Alvarez Torezano, l'amour du portrait

Originaire de Pontedeume dans la province Galicienne de La Corogne en Espagne, Luis Alvarez Torezano a grandi les pinceaux à la main. Après avoir réalisé son premier tableau à l'huile à l'âge de 14 ans, la peinture est devenue sa passion, "sa compagne de vie". Même s'il s'oriente professionnellement dans l'architecture, il poursuit dans sa voie créative en réalisant avec brio des portraits poignants. Il choisit ses modèles en fonction de ce qu'ils dégagent artistiquement ou visuellement. Après avoir commencé à reproduire une photo au crayon, il peint le portrait à l'acrylique soulignant chaque détail. Luis Alvarez Torezano encense la myriade d’émotions qu’est capable de transmettre le visage humain et en souligne chaque particularité dans le but de partager avec le spectateur l’intensité qu’il a lui-même ressenti au premier regard posé sur son modèle.

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