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Le Suprématisme et rien d'autre

15 novembre 2016

Aventure spirituelle et artistique de Kasimir Malevitch, le Suprématisme est une peinture libérée de toute représentation dans laquelle les formes et surtout les couleurs ne sont travaillées que pour elles-mêmes.

Le Suprématisme remercie l'opéra

Nous sommes en 1913, le compositeur avant-gardiste Mikhaïl Matiouchine (1861-1934) travaille sur la musique de l'opéra futuriste russe intitulé Victoire sur le soleil. Le livret de cette pièce est rédigé par le poète Alexeï Kroutchenykh (1886-1968) qui est considéré comme l'une des plumes les plus radicales du futurisme russe, tandis que les décors et les costumes sont crées par un certain Kasimir Malevitch (1878-1935). Si le public s'insurge sur la composition musicale perçue comme une cacophonie et sur le caractère absurde du livret, le travail de Malevitch connut lui un succès considérable. Bien souvent, la peinture est une source importante d'influence pour les mises en scène, mais il est extrêmement rare que ce soit une pièce théâtrale qui influence la peinture. Or c'est exactement ce qui s'est passé pour Malevitch où la mise en scène cubiste avec des formes abstraites (en cône ou en spirale), des costumes en papier mâché ou encore une lumière aveuglante ont inspiré l'artiste au point d'en être la première pierre d'un mouvement pictural unique : la peinture suprématiste.

opera

(Les costumes de l'opéra Victoire sur le soleil)

Exposition 0.10 et Carré noir

Kasimir Severinovitch Malevitch, né à Kiev en 1878 de parents polonais sous le nom de Kazimierz Malewicz est l'aîné d'une famille de 14 enfants. Après une formation de dessinateur technique à Moscou où il œuvre dans les sociétés de chemins de fer, il développe en autodidacte son œuvre plastique en expérimentant une dizaine de styles différents : réalisme, impressionnisme, symbolisme, cézannisme, fauvisme, néo-primitivisme, cubisme entre autres. Alors qu'il collabore avec des poètes, des musiciens et divers autres artistes, Kasimir Malevitch est choisi en 1913 pour travailler sur les costumes et les décors de l'opéra futuriste Victoire sur le soleil. C'est, comme le dit le principal intéressé, "la naissance du Suprématisme". S'il a fallu attendre 1915 et l'Exposition collective 0.10 de Petrograd pour contempler les premiers tableaux picturaux dits suprématistes, ce sont bel et bien les décors de la pièce théâtrale qui ont imposé le carré noir dans l'œuvre du peintre.

exposition

La Dernière exposition futuriste de tableau 0.10, de son nom complet, s'est tenue dans la galerie d'art Dobychina de Petrograd, aujourd'hui Saint-Pétersbourg, du 19 décembre 1915 au 17 janvier 1916. Cette exposition est le point fondateur de cette nouvelle école artistique appelée le Suprématisme, bien qu'aucune des peintures exposées n'en porte explicitement la mention. Aux côtés de treize autres artistes, comme Jean Pougny ou Ivan Klioune, Kasimir Malevitch expose 39 toiles réalisées au cours de l'été 1915 et annonce l'élimination de la référence à l'objet en ouvrant la voie à la multitude infinie des significations. Parmi les croix et autres formes géométriques, il présente le Quadrangle, appelé aussi Carré noir sur fond blanc dont le contenu et l'accrochage en hauteur dans l'angle de la pièce que l'on nomme le "beau coin", agissent comme une provocation futuriste. "Après cela, que faire ?" se demandait-on en 1916, considérant à travers ce carré que la peinture était morte. Pour Kasimir Malevitch, au contraire, le Carré noir sur fond blanc n'est pas un point final mais le début d'une nouvelle aventure picturale qui conduira la peinture vers la sensation pure.

Les éléments du Suprématisme

Comme le précise Malevitch, dans son cheminement artistico-historique, le Suprématisme a connu "trois degrés" : le noir, la couleur et le blanc. Si la période noire définit les bases du fondamentalisme suprématiste dès 1915, les couleurs puis le blanc permettent à Malevitch de se plonger dans l'abstraction la plus absolue. La peinture est libérée de toute représentation et le couleur n'est plus que travaillée pour elle-même. La volonté est claire : il ne faut vivre la peinture qu'uniquement pour ce qu'elle est, rien d'autre. Considérée comme pure sensation picturale, loin de l'Art abstrait des débuts, l'image n'est plus qu'une surface colorée, autonome, détachée de son environnement et déconnectée de la réalité extérieure.

Alors que les compositions et les couleurs se font de plus en plus épurées, Malevitch qui cherche "le degré zéro de la peinture" atteint puis repousse les limites de l'abstraction en 1918 en présentant le Carré blanc sur fond blanc. Sur cette toile, deux blancs sont distinguables, mais elle est considérée comme étant le premier monochrome de l'histoire. Plus aucun élément concret ne permet au spectateur de se rattacher au réel, mais pour Malevich le suprématiste, l'œuvre possède pourtant une quatrième dimension dans laquelle le temps et l'espace sont fusionnés. L'observation du tableau Carré blanc sur fond blanc ne doit rien susciter d'autre qu'une émotion pure. La couleur blanche est à voir comme une espèce d'espace infini : « J’ai troué l’abat-jour bleu des limitations colorées, je suis sorti dans le blanc, voguez à ma suite, camarades aviateurs, dans l’abîme, j’ai établi les sémaphores du Suprématisme. […] Voguez ! L’abîme libre blanc, l’infini sont devant vous. »

En libérant la couleur et en recherchant la pureté picturale dénuée de tout sens concret, Malevitch a ouvert la porte aux monochromes notamment. Ses travaux sur la couleur seront poursuivis par Piet Mondrian, Mark Rothko, Yves Klein et bien d'autres artistes à travers des voies variées comme du monochrome sur toile ou bien des pigments purs directement posés au sol.

Serge Rat, le blanc comme imagination

Serge Rat est un passionné du dessin depuis son enfance. La toile blanche est son espace d'expression favori et la couleur est accueillie lorsqu'il découvre le pastel. Après de nombreuses expositions au début des années 1990 grâce à l'Association nationale des artistes français, il collabore avec différentes galeries internationales : au Luxembourg, en Allemagne ou en Espagne.

Témoin du monde qui l’entoure, Serge décrit une société en marche, où chaque individu garde sa singularité et ses secrets. Des chemins de vie se croisent dans ses œuvres. Des liens s’y font ou s’y défont. Les silhouettes grises sur ses toiles se détachent pour faire exploser la densité des existences, alors que tout autour, le blanc amplifie le mystère des différents chemins de vie. Le regard s’attarde sur chacun des personnages. Après un long parcours dans l’univers du pastel, le peintre explore donc d'autres secteurs jusqu’à trouver sa matière, l'acrylique. Celle-ci lui permet d’entreprendre ses œuvres avec plus de liberté. Explorateur des techniques, son geste évolue, mais sa pensée demeure fidèle à sa première source d’inspiration : la rencontre des êtres dans leur désir d’exister.

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