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Les maîtres de l'Illustration

22 juin 2017

L'Art de l'Illustration est un monde complètement à part dans lequel des véritables artistes se sont distingués. Parmi eux, des maîtres des années 1950 et 1960 qui ont inspiré des générations entières d'illustrateurs. Découverte.

Miroslav Sasek, le célèbre inconnu

Né le 16 novembre 1916 à Prague, en République Tchèque, Miroslav Sasek est une référence internationale chez les illustrateurs. Si ce nom ne vous dit rien, ses dessins ont fait la joie et le bonheur des enfants américains, britanniques et même français dans les années 1960. Après des études d'architecture dans sa cité natale, il fuit la Tchécoslovaquie, après le coup de Prague en 1948 pour s'établir à Munich en Bavière. En Allemagne, grâce à Pavel Tigrid, grande figure de l'exil tchécoslovaque, il travaille quelques années pour Radio Free Europe avant de se consacrer entièrement à la peinture et à l'illustration. S'il avait illustré quelque livres de contes, ce n'est qu'avec une série particulière que son coup de crayon prend toute son ampleur... En 1959, il illustre magistralement un livre jeunesse intitulé "Paris". Il continuera sur sa lancée, et, sa série de portraits de villes, dix titres au total, (Londres 1959, Rome 1960, New York 1960 ou encore Washington 1969) ainsi que de pays, cinq titres dont L'Irlande (1965), la Grèce (1966) ou encore l'Australie (1970), connaît un succès universel et remporte de nombreux prix. Quatre d'entre eux seront même adaptés en film d'animation.

Pour Olga Cerna, auteure actuelle de livres pour enfants et dont la grand-mère était la cousine de Sasek, les dessins du maître tchèque n'ont pas vieilli "Les images étaient joyeuses, drôles ! J’aimais comme il relevait les moindres petits détails. Par exemple, dans le livre sur Paris, il y a deux pages consacrées aux chats. Ou alors aux différents types de pains. Il y a toujours beaucoup de gens dans ses livres. Je pense que c’est ce qui plaît aux enfants, que ce ne sont pas uniquement des monuments, mais que les images sont vivantes. Il devait avoir le sens de l’atmosphère d’un lieu pour en tirer ainsi l’essentiel. Je n’ai pas beaucoup voyagé mais quand j’ai pu découvrir l’Ouest, que je suis allée à Paris et en Grèce, j’ai réalisé que les endroits étaient les mêmes que dans les livres, même 30 ou 40 ans après."

Disparu en 1980 à l'âge de 63 ans à Wettingen en Suisse, malgré le succès de son vivant, Miroslav Sasek est pourtant tombé dans l'oubli les décennies suivantes, mais l'un de ses éditeurs, la tenace maison Casterman, a entamé en 2009 une réédition de ses portraits de villes. Télérama écrira à ce sujet "ils sont aujourd’hui réédités, et, miracle, les cities de Sasek n’ont pas pris une ride. Le dessin de Sasek, élégant, inventif, frôle le burlesque et donne du mouvement à ces figures imposées de la ville illustrée. Son trait, léger, vif, donne du rythme." Un rythme qui ne s'essoufflera jamais.

Jim Flora, entre le Jazz et l'enfance

Tout amateur et passionné de Jazz qui se respecte a forcément croisé le formidable coup de crayon de Jim Flora, qui a illustré à partir de 1942, les albums musicaux des maisons Columbia Records et RCA Victor. Il se fait connaître vers 1950 au travers de quelques pochettes célèbres comme celles de Gene Krupa ou de Bix Beiderbecke. James (Jim) Flora est né dans l'Ohio en janvier 1914, après des études à l'Art Academy de Cicinatti, sa longue carrière artistique l'amena à illustrer dans le monde de la presse, de la publicité et du commerce. Son approche humoristique et "diabolique", parfois même à la limite de l'abstraction, mêlant l'absurdité et la violence, choque alors les mœurs très conservatrices de l'époque. Pourtant, son trait s'arrondit, s'attendrit et se calme lorsqu'il s'agit d'opérer et d'illustrer dans l'univers de la littérature pour les enfants.

Lui même père de cinq enfants, il écrit et illustre dix-sept livres pour la jeunesse, dont le premier a été publié en 1955. Jusqu'à sa retraite en 1970, il travaille avec le célèbre éditeur Margaret McElderry à Harcourt Brace et sort des best-sellers comme The Fabulous Firework Family (1955), The Day the Cow Sneezed (1957), Charlie Yup and His Snip-Snap Boys (1959) ou encore Leopold, The See-Through Crumbpicker (1961).

Après avoir vécu un temps au Mexique et aux Etats-Unis, Jim Flora s'est éteint à l'âge de 84 ans en juillet 1998 dans le Connecticut. Inspiré par le travail de peintres et d'artistes comme Joan Miro ou Paul Klee, l'œuvre personnelle de Jim Flora aura à son tour  influencé et, influence toujours aujourd'hui, l'Art de l'illustration et du graphisme. Mission accomplie pour celui qui déclarait que tout ce qu'il voulait faire c'était de " créer un petit mouvement d'excitation".

Charley Harper, animinimaliste

Illustrateur exemplaire du courant moderniste des années 1960 aux États-Unis, Charley Harper n’avait pas son pareil pour donner aux animaux une présence indéniable alliée à une stylisation impressionnante. L’essentiel de son œuvre fut réalisé dans le cadre de revues, d’affiches ou d’ouvrages ayant trait à la nature. Né à Frenchton, en Virginie, en 1922, Harper est issu d'une famille de fermiers avec laquelle il grandit et passe son enfance à la campagne. Étant jeune, le premier animal a l’avoir fasciné était... le moustique ! Cet insecte qui semble marcher sur l’eau dans les marécages, intrigue Harper par le dessin des ronds laissé sur l’eau à son passage. Cela a été le sujet de ses premières peintures et pendant longtemps un de ces sujets préféré. Plus âgé, il hésite professionnellement à devenir journaliste mais finalement il intègre l'école d'Art de Cincinnati où il étudiera la théorie de la couleur avec Josef Albers et fera la rencontre de sa femme Eddie. Il fut appelé pour son service militaire puis au début de sa carrière professionnelle il occupa un poste de professeur de dessin dans son ancienne école et réalisa aussi des travaux de publicité pour une entreprise avant de se lancer plus tard comme illustrateur indépendant à plein temps. Dans sa carrière d’illustrateur, il réalisa beaucoup d’illustrations pour des livres mais aussi pour des parcs nationaux. "Lorsque je regarde un objet de la faune ou de la nature, je ne vois pas les plumes dans les ailes, je compte simplement les ailes. Je vois des formes excitantes, des combinaisons de couleurs, des motifs, des textures, des comportements fascinants et une infinité de possibilités pour faire des photos intéressantes. Je considère l’image comme un écosystème dans lequel tous les éléments sont intimement liés, interdépendants, parfaitement équilibrés, sans pièces inutiles, et c’est là que réside l’attrait de la peinture. Dans un monde de chaos, l’image est un petit rectangle dans lequel l’artiste peut créer un univers ordonné."

Son style est qualifié de réalisme minimaliste car il essayait de ne saisir que l’essence de son sujet avec le moins d’élément possible. Harper deviendra illustrateur commercial et s’ennuiera rapidement. Il s’éloigne du réalisme en affirmant que "cela ne révèle rien de nouveau sur le sujet". Il explore alors des formes bidimensionnelles nettes en à-plat avec de simples lignes, le tout sans perspective. Puisant dans le cubisme et autres courants modernes ses illustrations sont faites dans un style qu’il nommait lui-même un "réalisme minimal". En plus de son travail d’illustration d’articles dans des revues des années 40 et 50, il illustra de nombreux livres de biologie ou d’enfants, travaillant jusqu’à sa mort à 83 ans.

Miguel de Sousa, l'univers sensible et poétique

Miguel passe son enfance entre la banlieue nord de Paris et la campagne portugaise. Il se passionne tôt pour le dessin mais sa famille n'approuve pas le choix de d'une carrière artistique. Mais le jeune homme ne compte pas subir une vie imposée. Il sort de la trajectoire tracée par ses parents pour se lancer dans des petits boulots divers et variés. Un stage de dessin l’incite à renouer avec sa vocation, il sera artiste et rien d’autre. 
Après une formation en infographie, Miguel travaille en tant que dessinateur industriel puis comme graphiste pour une agence de publicité. Il illustre des livres pour la jeunesse. L’artiste consacre aujourd’hui sa vie à la peinture. Il vit et travaille en Provence à Rognes. Miguel travaille de manière spontanée en laissant ses émotions guider son travail au fil de son imagination. Ses compositions vaporeuses ont quelque chose de surréaliste et de mystérieux. Elles nous entraînent dans un univers sensible et poétique, loin des préoccupations matérielles du quotidien.

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