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Les rois du Néo pop

24 janvier 2017

Petit frère du Pop art, le Néo pop n'est pas un nouveau mouvement à proprement parler mais plutôt une réminiscence de son aîné. Entre travaux sur la culture populaire, critiques de la société moderne et accessibilité, plongée dans l'univers d'artistes qui sont avant tout des peintres de leur temps.

Pop art 2.0

"Populaire, éphémère, jetable, bon marché, produit en masse, jeune, spirituel, sexy, plein d'astuces, enchanteur... et qui rapporte gros" En 1957, Richard Hamilton, l'un des fondateurs du Pop art britannique, définissait ainsi ce mouvement naissant. Cette définition n'a pratiquement pas pris une ride lorsqu'il s'agit aujourd'hui de caractériser le mouvement du Néo pop. Terme vraisemblablement inventé par Noi Sawaragi, critique d'art japonais, en 1992, le Néo pop ou New pop est une résurgence du Pop art. Bien que moins révolutionnaires et revendicatifs, les néo artistes continuent d'employer les mêmes codes que le Pop art. Ready-made, figures d'icônes comme Madonna, Michael Jackson, Britney Spears, Mohamed Ali... le Néo pop fonctionne comme les grands média du divertissement en produisant des images éphémères.  Plus proche du peuple que le Pop art, à l'image de la Figuration Libre, le Néo pop réfute l'idée qu'un Art est supérieur aux autres et vise à démontrer que la culture populaire, la société de consommation et l'Art sont au même étage et peuvent cohabiter dans une même image. Les dignes héritiers de Warhol et Lichtenstein se nomment aujourd'hui Murakami, Koons ou Hirst. Zoom sur ces rois du Néo pop.

Takashi Murakami, à base de pop pop pop pop

Un chignon de samouraï, une petite paire de lunettes aussi rondes que son faciès terminé par une barbichette, le visage de Takashi Murakami, mille fois reproduit, n'est pas inconnu des amateurs d'art contemporain. Et même de moins en moins d'une large frange d'un public pourtant peu enclin à apprécier l'art en général. Né à Itabashi, l'un des arrondissements de Tokyo en 1962, ce docteur en peinture Nihonga est aujourd'hui une superstar aussi connue que ses œuvres, que l'on a pu retrouver notamment en exposition dans les Grands appartements et la Galerie des Glaces du Château de Versailles. Chef de file du Néo pop japonais dans sa jeunesse des années 70-80, Murakami a baigné dans l'avènement de la culture de masse. Enfant du miracle économique nippon, son travail est un habile mélange entre Art japonais traditionnel religieux et personnages issus de l'univers télévisuel, des jeux vidéo, des otakus et des mangas. Il a donné naissance au style artistique s'inspirant de l'esthétique pop kitsch du manga : Superflat, qui était le nom de son exposition au Musée de l'Art Contemporain de Los Angeles en 2001 et qui l'a propulsé sur le devant de la scène artistique. Des fleurs, des smileys, des sculptures monumentales tout droit sorties de l'imagerie manga japonaise. Aujourd'hui à la tête d'une véritable galaxie, son atelier est devenu une entreprise commerciale nommée KaiKai Kiki Co Ldt employant une centaine d'assistants au Japon et aux Etats-Unis. Ne s'appartenant quasiment plus, Takashi Murakami est devenu une marque à part entière collaborant avec Louis Vuitton, Vans, Pharell Williams ou encore Kanye West. A 54 ans, il est actuellement l'un des artistes les plus chers du monde, son œuvre My Lonesome Cowboy s'est notamment vendue pour plus de 15,5 millions de dollars en 2010. Toujours à la recherche de l'essence même de la peinture, Murakami espère "vivre jusqu'à 70 ans, cet âge où je commencerai à peindre librement...".

Jeff Koons, miroir de la mondialisation

Né à York en Pennsylvanie en 1955, Jeff Koons est l'un de ceux qui ont l'air éternellement jeunes. Toujours impeccable, propre sur lui, cordial, ponctuel, il ne ressemble pas vraiment à l'idée que l'on se fait habituellement des artistes. Régie par un sens du détail presque maladif, sa vie artistique n'aurait certainement pas connu le même succès sans cette singularité. Sans aucun doute artiste vivant le plus célèbre, son œuvre reste néanmoins très controversée. A ses débuts, dans son petit appartement de New York, il crée des sculptures gonflables avec du vinyle, du plastique et des miroirs. Puis, il place en 1980 des aspirateurs neufs dans une vitrine éclairée de néons. Habité d'une sensation qu'il qualifie de "sexuelle" lorsqu'il travaille sur ses sculptures, il réalise sa première vente importante en 1985 : One Ball Total Equilibrium Tank, un ballon de basket plongé dans une solution d'eau salée, pour $2700. Son Art est un croisement hybride entre les ready-mades de Marcel Duchamp, les objets du quotidien démesurés d’Oldenburg et l'inévitable Pop art d'Andy Warhol. De ce mélange naitra les désormais mythiques sculptures en inox : Inflatable Rabbit (1986) mais aussi et surtout les Balloon Dogs (1994). L'un de ces Balloon Dogs (Orange) - il en existe cinq versions de couleurs différentes - a été vendu en novembre 2013 pour 43 millions d'euros. En 2007, une autre sculpture, Hanging Heart, fut adjugée pour 18 millions d'euros. Travaillant par séries, Jeff Koons dénonce, au travers de ses œuvres qui paraissent simplistes, une certaine idée de la mondialisation et de la société de consommation. A l'instar de Murakami, il fut exposé au château de Versailles en 2008 et il se retrouve lui aussi à la tête d'une armée d'assistants. Cultivant le kitsch à l'excès, il incarne pourtant pour certains le diable dans l'Art contemporain, entre fric, sexe et avènement médiatique. Ignorant les polémiques, Jeff Koons préfère alors citer l'historien de l'Art, AloÏs Riegl : "L'oeuvre appartient à celui qui la regarde".

Damien Hirst, "mort-money"

Se balader au  milieu d'une exposition consacrée à Damien Hirst nous rappelle, que l'on soit collectionneur, acheteur ou simple passionné, que nous sommes tous impuissants face à cette terrible réalité : la mort. Obsédé par le sujet, l'artiste anglais de 51 ans s'illustre en découpant en deux des animaux morts pour ensuite les conserver dans de grands aquariums remplis de formol. Des carcasses de moutons, de vaches, de requins, de colombes et même un tapis de mouches mortes. Le natif de Bristol, s'est également fait remarquer pour avoir produit l'œuvre la plus couteuse jamais produite : un crâne humain, For the Love of God, serti de 8601 diamants d'une valeur globale de 100 millions de dollars. Et justement de dollars, il en est question avec Damien Hirst. Comme pour Takashi Murakami et Jeff Koons, l'artiste britannique a vu sa cote exploser avec l'apparition d'une sorte de "bulle Hirst" à laquelle les musées et les institutions auraient participé en ne voulant pas rater l'artiste de demain. Plus controversé que Koons ou Murakami, Hirst ne voit pas le temps jouer en la faveur de son œuvre. Considéré comme l'un des héritiers du Pop art, chef de file du Néo pop, il voit aujourd'hui sa cote baisser face aux reproches de ses détracteurs toujours plus nombreux : Damien Hirst est devenu un publicitaire, de ses propres œuvres, et on l'accuse de spéculer via des intermédiaires sur le prix de ses travaux pour faire "mousser" la cote de ceux-ci. D'avantage homme d'affaires qu'artiste, il peine à se renouveler mais qu'on le veuille ou non, avec un sens de l'esthétisme, une vision et de grandes idées, Damien Hirst reste un artiste. L'un des plus remarquables de sa génération.

Fabien Novarino, l'hommage au Néo pop

D'abord peintre figuratif classique à ses débuts, Fabien Novarino intègre la photographie dans ses œuvres depuis 2010. A partir de clichés personnels ou professionnels qu'il acquiert en agence, il conçoit alors des œuvres graphiques originales qui se réclament du style Néo pop. Réalisées à partir d'un habile mélange de collages, dessins et pochoirs, les toiles de Fabien Novarino s'inspirent des icônes du cinéma, de la musique, de l'urbanisme moderne et de l'univers des Comics. Totalement actuel, son Art est un hommage à peine masqué à la société du divertissement.

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