La peinture scandinave allume la lumière du Nord

Les peintres scandinaves, hormis Edvard Munch (1863-1944) et son fameux Cri, sont pour la plupart inconnus du grand public. Si ce dernier évoluait dans l'expressionnisme au point d'être considéré comme l'un des pionniers de ce mouvement, la peinture Scandinave donnait principalement dans l'impressionnisme.

1820, la libération danoise

C'est aux alentours des années 1820 que s'est lancée au Danemark une révolution picturale lorsque quelques artistes, lassés d'être sous l'influence très rigoriste de l'Académie de peinture de Copenhague, se rendent à Rome. De retour sur leurs terres nordiques, les peintres, dont Christoffer Wilhelm Eckersberg (1783-1853), se libèrent du néo-classicisme, des conventions académiques, des œuvres de commandes et du mécénat de la Cour Royale pour s'engager dans de nouvelles voies. En préférant un style naturaliste et la peinture en plein air plutôt qu'en atelier, leurs représentations imagent des paysages, des vues de la ville ou des sujets encore plus simples comme des pêcheurs voire même des cordonniers. On considère alors que la peinture danoise est en plein âge d'or jusqu'à l'orée des années 1850.

(Christoffer Wilhelm Eckersberg, Le navire de guerre russe "Assow" et une frégate à l'ancre dans la rade d'Elseneur, 1828, huile sur toile, 63 x 51 cm)

De l'Ecole de Skagen à Grez-sur-Loing

Touchée par diverses révolutions et crises politiques, la peinture danoise se tourne vers le romantisme en représentant principalement les coutumes locales et les traditions populaires avec, en chef de file, Christen Dalsgaard (1807-1924). A l'instar des peintres paysagistes français qui se réunissaient à Barbizon entre 1825 et 1875, les artistes danois prennent l'habitude de se retrouver à Skagen, petit village de pêcheurs à l'extrême pointe nord du pays pour profiter de l'exceptionnelle lumière créée par la réunion des eaux de la mer du Nord et de la Baltique. Autour de Michael Ancher (1849-1927) et de Peder Severin Kroyer (1851-1909), l'Ecole de Skagen est déterminante pour l'évolution de la peinture scandinave, conjuguant l'impressionnisme avec la tradition nordique. Dans les œuvres de l'époque, on retrouve toute la différence entre la lumière glaciale du Nord et celle du Sud. Inspirés par les danois, les peintres suédois entament la même démarche dès 1870 en s'installant à Grez-sur-Loing (Seine-et-Marne) pour observer l'impressionnisme français et le diffuser à leur retour en Suède. Mêlant cette technique aux spécificités de leur style, les peintures suédoises font une large place à la lumière nordique au sein des paysages parfois nocturnes et souvent enneigés.

(Gustav Fjaestad, Reflet glacé de soleil d'hiver)

(Eugène Jansson, Lever de soleil sur les toits)

La Finlande et la Norvège suivent le mouvement

Les finlandais, longtemps dominés par leurs voisins (la Suède, puis la Russie) et peu gâtés par les conditions climatiques extrêmes, se libèrent et peignent des tableaux moins sombres en puisant leur inspiration dans un patriotisme exacerbé et dans le passé mythique de leurs terres. De leur côté, les norvégiens sont les derniers à suivre le mouvement au tout début des années 1910 en représentant à leur tour des scènes de la vie quotidienne imprégnées de la lumière du Nord.

Jonas Lundh, l'héritier

Des bateaux, des paysages et des objets… voici les sujets principaux des œuvres du peintre suédois Jonas Lundh que vous pouvez retrouver sur le site de Carré d'artistes®. Baignées dans la lumière nordique, les peintures de Lundh suivent parfaitement la tradition de l'impressionnisme scandinave démarrée il y a près de 200 ans. Musicien, batteur et percussionniste chevronné, il imprime sur ses toiles de l'harmonie et du rythme en peignant avec des bouts de carton de différentes tailles et "en mettant de la couleur sur ce que certains appellent de l'imagination"

Retrouvez les toiles de Jonas Lundh, qui est l'artiste de la semaine Carré d'artistes®, en vous rendant dès maintenant sur sa galerie en ligne.

La galerie de Jonas Lundh

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