Le carton de Chris Gilmour !

24 mai 2017

D'Auguste Rodin à Michel-Ange en passant par César, Jean Dubuffet ou Alberto Giacometti, le monde de la sculpture a enfanté de nombreux monstres sacrés de l'Art contemporain. A côté de ces artistes aux noms clinquants, d'autres sculpteurs ont su tirer leur épingle du jeu en misant sur leur talent mais aussi et surtout sur leur originalité. C'est le cas de Chris Gilmour.

Un sculpteur pas comme les autres

Nord-ouest de l'Angleterre, dans la banlieue sud de Manchester, entre la grisaille presque habituelle et les vestiges d'un âge d'or industriel, se tient Stockport une ville taillée comme des dizaines en Albion. Existant anonymement dans un comté où dominent culturellement les villes de Liverpool et de Manchester, Stockport, n'est que la ville natale de Paul Warhust, éphémère footballeur britannique de haut niveau, et de Dominic Howard, batteur du groupe Muse. Pourtant cette cité traversée par la Mersey pourrait bien un jour se révéler comme étant la mère patrie d'un certain Chris Gilmour qui y a poussé ses premiers cris en 1973.

Après avoir étudié l'Art à Bristol en 1997 et ouvert un studio à Manchester, il s'est installé en 2000 en Italie à Udine, en plein cœur du Frioul. Depuis, Chris Gilmour est un artiste certainement plus (re)connu dans la Botte qu'outre-Manche. Pour preuve, récompensé en 2006 de façon surprenante par le prestigieux Premio Cairo, créé en 2000 par le célèbre éditeur Urban Cairo, Gilmour a proposé une sculpture à échelle entièrement réalisée avec... du carton recyclé. "J'ai toujours utilisé du carton. Mais à l'origine c'était plutôt pour fabriquer des prototypes et des modèles. Ma première pièce qui fut une sculpture à proprement parler était une vache en carton de taille réelle fabriquée en 1998. Une réponse humoristique à ce qui se passait à l'époque. C'était pour remplacer les bovins abattus pendant l'épidémie de la vache folle."

Carton plein

A partir de ce moment, Chris Gilmour commence alors à considérer le carton comme un matériau très intéressant pour pratiquer la sculpture et se met à fabriquer des pièces de façon plus sérieuse. "Le carton, même si ce n'est pas aussi fort que les matériaux de sculpture traditionnels comme le marbre ou le bois, c'est très flexible. En fin de compte mes œuvres ne sont pas plus fragiles que les travaux sur papier, bronze ou bois. Tant que le carton est traité avec précaution, il devrait durer toute une vie. La pièce la plus ancienne que j'ai faite a près de vingt ans et est intacte."

L'artiste britannique recycle le matériel d'emballage dans ses sculptures minutieusement détaillées. Le réalisme des objets sculptés par Gilmour est tel que l'artiste a déjà surpris des visiteurs tentant de faire fonctionner une de ses machines à écrire ou d'ouvrir une porte de voiture avant de se rendre compte que les pièces sont en fait des œuvres d'Art et non la réalité. Jouant entre les souvenirs de l'enfance, tant au niveau du carton utilisé que des sculptures réalisées (vélos, chevaux, machine à écrire...), et les perspectives futures en se plaçant comme un acteur majeur du recycl'art, Chris Gilmour fait une déclaration d'amour moderne et respectueuse de l'environnement tout en jouant sur nos propres nostalgies.

Manuel Martinez, le hasard du carton déchiré

Le corps, motif le plus souvent utilisé dans ses peintures acryliques, est un prétexte à l'exploration des lignes et des volumes. Empruntant à un vocabulaire graphique et à l'univers du Street art, les toiles de l'artiste, ou ses peintures murales, sont l'expression d'une nouvelle écriture dont il réorganise les signes. Une main devient une ligne de vagues, un nez un tube, une œil un cercle, la composition tout entière se transforme au fur et à mesure du geste en une gigantesque équation que Manuel Martinez s'amuse à solutionner, dans une volonté de "réorganiser le chaos" selon son expression.
Mais le hasard joue aussi son rôle et les peintures sur cartons déchirés de l'artiste abordent la question de l'arbitraire, de l'économie et de la fragilité du geste comme condition sine qua non de l'acte de création.

Travaillant les contraires pour qu'ils puissent mieux s'épouser, l'artiste est à la recherche des "vibrations" que créent la contradiction entre deux couleurs, un creux qui avoisine une bosse, les éléments autonomes, flottants qui s'emboîtent comme autant de possibilités créatrices, comme autant de chocs révélateurs.

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