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Les œuvres d'or

Utilisé depuis l'Antiquité, sublimé par Klein ou Klimt en leur temps, l'usage de l'or est plus qu'une simple folie, c'est une motivation sempiternelle de l'histoire de l'Art.

Pharaons, statues et manuscrits

Bien avant la ruée vers l'or des années 1850 en Californie, bien avant l'exploitation minière chinoise du Moyen-âge, les hommes accordaient déjà une importance formidable à ce métal précieux aux couleurs du soleil. Dans l'Egypte Antique, l'or est la couleur des dieux et des pharaons, il ne s'oxyde pas, il est par conséquent symbole d'immortalité. Le seul tombeau de Toutankhamon contenait près d'une tonne d’or, alors qu'il est l'un des moins imposants de la Vallée des Rois. De nombreuses traces d'utilisation de la feuille d'or en peinture et sculpture sont retrouvées sur les sarcophages et les chambres funéraires au sein même des pyramides. A Rome, et même dans les Amériques précolombiennes, des effigies en or massives, des statuettes ou des objets fleurissent.

La Grèce Antique n'est pas en reste, puisque le métal précieux, servant en outre à financer les guerres, orne les statues et plus particulièrement les célèbres chryséléphantines. Comme leur nom l'indique (chrysos, signifie or et elephantinos, signifie ivoire) ces statues mêlent ivoire pour les parties nues du corps humain et or pour les vêtements, les armures ou les accessoires. Deux des plus belles statues chryséléphantines, l'Athéna Parthénos et le Zeus du temple d'Olympie de Phidias, furent détruites pendant les guerres au Moyen-âge pour la haute valeur qu'elles recelaient. Au Vème siècle, les manuscrits enluminés se transforment en véritables œuvres d'art grâce à l'usage des feuilles d'or. De Constantinople à l'Irlande en passant par l'Italie, ces écrits dont les textes sont accompagnés d'illustrations et de décorations sur les lettrines ou dans les marges, sont rehaussés de feuilles d'argent et d'or grâce à un travail extrêmement minutieux.

Or et ornements

Au Moyen-âge, le travail à la feuille d'or trouve sa place au sein des œuvres et des peintures chrétiennes. Le rôle iconographique et esthétique de l'or est primordial puisqu'il est porteur d'une forte charge symbolique en fonction de sa place dans l'image. Le métal jaune est notamment employé pour les auréoles, caractéristiques des saints, ou pour dorer le ciel, ce qui donna naissance aux "fonds d'or" qui désigne ce style de tableaux. Durant cette période, le nom de Primitifs est attribué aux peintres italiens qui travaillent sur des panneaux de bois en peignant des personnages très droits placés devant un fond d'or. Cette technique est à son apogée au XIVème siècle en Italie et dans l'empire byzantin. Après la Renaissance et l'éclosion des grandes villes italiennes, l'art glisse petit à petit vers l'esthétisme éclatant du baroque où l'ornement doré se trouvera une place de premier choix comme en témoignent les fastes du château de Versailles ou de Sans Souci à Berlin.

L'or contemporain

Après une période plus discrète, l'or revient en lumière au XIXème siècle dans la sculpture notamment. La statue équestre de Jeanne d'Arc en 1874 réalisée par Emmanuel Frémiet en est le parfait exemple. Plus récemment dans l'univers de la peinture moderne, nombre d'artistes ont eu recours à l'or et à la feuille d'or dans leurs tableaux. Comment ne pas évoquer Gustav Klimt (1862-1918) qui réalisera au cours de son "Cycle d'or" une série d'œuvres à la feuille d'or qui sont aujourd'hui parmi les tableaux les plus cotés du marché de l'Art. En 2006, 135 millions de dollars furent nécessaires pour s'octroyer le tableau Adèle Bloch-Bauer I (1907) et plus de 327 millions la même année pour un ensemble de cinq œuvres dites "dorées".

Les Monogolds (1959-1962) d'Yves Klein sont parmi les travaux contemporains qui traduisent le mieux la fascination des artistes pour l'or. Certaines de ses toiles sont entièrement tapissées de feuilles d'or, d'autres jouent sur des effets de décalage. Ci-gît l'espace (1960), avec son cercle bleu et ses fleurs, fait parfaitement ressortir la brillance du métal doré tandis que les bulles d'or de Frémissements (1960) magnifient le panneau brut.

Zinc, plomb et or

Pour François-Régis Lemonnier, dont le travail est avant tout basé sur la récupération de matériaux comme le sable, la terre de sienne ou le zinc, les feuilles d'or permettent de sublimer ses œuvres. Portant un regard profond sur l'humain qu'il représente dans l'univers marin, dans un paysage montagneux ou urbain, sa réflexion tend vers l'universalité de la place de l'homme dans son environnement. Loin de la représentation et du réalisme, les peintures de François-Régis Lemonnier prennent de la hauteur et constituent des fenêtres ouvertes sur le monde, un monde immense, avalant un homme de plus en plus petit, presque invisible.

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