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Pour la beauté du geste

Bien avant l'approche contemporaine et hétéroclite, les artistes ont toujours représenté le sport. Alors qu'ils s'attachent aujourd'hui à en détourner ses codes et sa perception, par le passé, c'est le geste sportif et le corps en mouvement qui les inspiraient alors.

Le geste au cœur de l'Art antique

Dans l'idéologie de la Grèce Antique, la supériorité physique et la perfection morale sont deux fondements indissociables. C'est pourquoi dans la sculpture, la statuaire antique, sur les vases, les mosaïques ou encore les fresques murales, il est courant de retrouver nombre de représentations d'athlètes en pleine action. Les muscles saillants, le mouvement efficace, le geste comme un outil nous rappelant à quel point il est toujours nécessaire d'obtenir une harmonie parfaite entre le corps et l'âme. En ce sens, l'Art a toujours cherché à mettre en image le sport, et ce même avant que la discipline ne soit nommée ainsi. L'une des plus célèbres statues de l'Antiquité, attribuée au sculpteur athénien Myron et datée du Vème siècle avant J.-C., représente un athlète en train de lancer un disque. Nommée Le Discobole, cette statue est géométrisée, théorique et nous présente un homme à la musculature pure et idéale.

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Bien que moins célèbres, d'autres sculptures "olympiques" de Myron entrent royalement dans les valeurs de l'époque où l'Art enflamme la beauté des gestes et des corps. Par contraste, les siècles qui défilent ensuite se révèlent faméliques en termes de représentations du sport. A l'exception de quelques tableaux dépeignant des parties de jeu de paume très en vogue à la cour de Louis XIV, les préoccupations artistiques de l'époque gravitent alors plus autour de la morale chrétienne et de la religion en général, abaissant le corps à une simple bestialité et lui opposant la vertu de l'esprit considérée comme plus proche du divin.

Impressionnisme, mouvement et chronophotographie

Alors que le sport avait quasiment disparu des radars artistiques, c'est à la toute fin du XIXème siècle que l'Art s'y intéresse à nouveau. C'est la célébration du corps en mouvement, l'ode à l'effort physique et l'avènement du plaisir nouveau apporté par les activités en plein air qui est représenté. Comme le remarque Jean-Marc Huitorel, critique d'art et auteur de l'ouvrage La beauté du geste : l'Art contemporain et le sport (2005), "L’avènement du sport, au sens strict du terme, et l’émergence de la modernité artistique dans les sociétés occidentales sont rigoureusement contemporains". Alors qu'ils tournent le dos à "l'Art Officiel", les Impressionnistes sortent leurs chevalets, leurs toiles et leurs pinceaux de l'atelier pour s'ouvrir au monde. Ils représentent ce qu'ils voient et cela fait écho aux loisirs de leurs contemporains. Les régates de Claude Monet ou d'Alfred Sisley, les courses de chevaux d'Edouard Manet ou d'Edgar Degas en sont autant d'exemples.

Les avant-gardistes du XXème siècle vont poursuivre dans cette voie tracée par les Impressionnistes en s'intéressant quant à eux au sport par le prisme du mouvement et de la vitesse caractéristiques de cette époque. C'est ainsi qu'entre 1912 et 1926, Robert Delaunay s'est attaqué à une série d'œuvres où il s'est échiné à peindre le rugby, le football ou la course à pied comme les fameux "Coureurs" inspirés du Cubisme.

Le docteur en histoire de l'Art contemporain, Pierre-Olivier Douphis, justifie même "Si Delaunay s’intéresse au sport, c’est parce qu’il cherche à représenter picturalement l’énergie et le dynamisme du monde moderne". La peinture et la sculpture cèdent cependant peu à peu leurs places à une révolution technique qui pointe le bout de son objectif et qui va renverser définitivement le rapport de l'Art au sport : la photographie. Peu à peu, ce sont les appareil photos qui vont représenter l'esthétique et le mouvement du sport, la chronophotographie y trouvant une place de choix. Les innovateurs-inspirés Etienne-Jules Marey et Georges Demenÿ étant les premiers à décomposer le mouvement d'un corps en action lorsqu'il court, saute ou tient un fleuret. Alléchés par le succès des photographies de sport, au tournant des années 1930, les dictatures naissantes le transforment en instrument de propagande pour le fascisme, le nazisme ou le stalinisme. Symbolique de ce mouvement, la photographe allemande Leni Riefensthal (1902-2003) exalte dans ses clichés l'avènement de l'athlète à la force martiale.

Le détournement des codes et l'approche distancée

Eventuelle conséquence de ces dérives ou simple évolution des finalités artistiques qui ne cherchent plus à représenter le réel tel qu'il est, le sport dans l'Art se fait de plus en plus rare dans la seconde moitié du XXème siècle. Malgré tout, les toiles de Francis Bacon ou les séries de Nicolas de Staël sur les footballeurs et le Parc des Princes démontrent que l'intérêt ne s'est pas éteint. Mais cette série flamboyante réalisée en 1952 par de Staël est déjà orientée vers un monde contemporain où ce n'est plus le sujet principal qui est visé, ici le match France-Suède, mais l'ordre esthétique. « J’ai choisi de m’occuper sérieusement de la matière en mouvement », explique d'ailleurs l'artiste.

Au cours des années 1980 et encore plus dans les années 1990, le sport s'est imposé de manière éloquente dans l'Art. Résultat d'une double tendance où le sport est sorti des stades débordant, dans tous les domaines de notre vie quotidienne et, où l'Art s'est à nouveau tourné sur ce qu'il l'entourait. La représentation contemporaine du sport dans l'Art ne répond plus à l'image du corps en action comme auparavant mais privilégie un travail basé sur les objets liés à sa pratique. C'est ainsi que les ballons, les balles, les maillots, les drapeaux ou les trophées sont détournés pour constituer la matière même de certaines œuvres. Reflet à bien des égards de notre société, de ses dérives et ses tourments, le sport permet aux artistes d'appréhender le monde tel qu'il va, ou dysfonctionne. C'est ainsi que Laurent Perbos pointe notre goût pour la performance, Sophie Dalla Rosa se moque des coupes brandies les soirs des finales ou Chloé Ruchon invente le "Barbie-Foot". "L’art envisage le sport dans sa double dimension de plaisir et d’aliénation" argumente Jean-Marc Huitorel.

Malgré tout, torturé et déformé, le sport garde une certaine noblesse dans les yeux d'artistes contemporains comme dans ceux du peintre chilien Claudio Bravo (1936-2011) avec son œuvre "Before the game" (2003). Bien que leur relation n'ait pas toujours été fusionnelle, attachés depuis l'Antiquité, l'Art et le sport sont indissociables.

Thierry Zdzieblo, du sport à l'Art

Passionné de sport, Thierry se lance dans une carrière de haut niveau. Il se spécialise dans l’ultra marathon par goût du défi et de l’aventure. En 1995, il effectue en solitaire la traversée d’une partie du Sahara occidental. Cet événement le marque à jamais car l’épreuve se transforme en introspection et en quête artistique. De retour en France, il décide de se lancer dans la création. Il débute par la sculpture sur bois qu’il abandonne vite pour créer des peintures figuratives. Son entourage proche l’encourage à trouver sa voie dans l’abstraction. Sa peinture se situe dans l'abstraction lyrique et ses œuvres sont pleines de mouvement, de fougue et de couleurs. Elles sont toniques et portées par une vitalité qui stimule les énergies. Il réussit à s'absoudre de toute influence pour laisser s'exprimer ses pulsions intimes.

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